Quartier des Chalets cet été : des défilés suspects d’inconnus, de la fin de journée jusqu’à l’aube dans un immeuble d’ordinaire si calme. Derrière la porte du T3, des voisins comprennent ce qui se trame et lancent l’alerte. À Toulouse, certains propriétaires de meublés de tourisme découvrent avec effroi que leur logement sert de repaire à la prostitution. Si le phénomène reste rare, il est loin d’être isolé. Une victime de ces agissements nous raconte.
Julie* dirige depuis deux ans une conciergerie pour les locations meublées de courte durée à Toulouse. Ses clients sont des propriétaires de petits logements situés dans les quartiers prisés du centre-ville, qu’ils louent à des touristes du monde entier, désireux de venir découvrir la Ville rose… Des intentions louables qui cachent parfois des histoires bien plus sordides. « Cet été, j’ai eu une très mauvaise surprise avec la location d’un T3 situé au rez-de-chaussée d’un immeuble traditionnel du quartier des Chalets », raconte la gérante de la conciergerie.
Les voisins ont donné l’alerte
Loué pour une semaine par une jeune femme sur la plateforme Booking, cet appartement « parfaitement rénové, décoré avec goût et prévu pour loger trois personnes au maximum, s’est transformé en lieu de prostitution ! » affirme-t-elle. Ce sont les voisins qui ont donné l’alerte. Ils ont tout de suite noté des allées et venues un peu bizarres dans leur résidence habituellement tranquille. Le manège démarrait en fin de journée puis se poursuivait jusqu’au petit matin, « toujours avec des hommes différents qui prétextaient avoir perdu leur clé ». » Alerté par ses voisins, le propriétaire appelle la conciergerie qui se retourne aussitôt vers la plateforme. « Celle-ci a reconnu que l’identité de la voyageuse n’avait pas été vérifiée, mais ils nous ont laissé nous débrouiller avec ça ! En gros, nous avions la possibilité de mettre fin à la location, mais nous devions nous-mêmes mettre les locataires dehors. Autant dire que c’est très compliqué, car il faut prendre les gens sur le fait. À la fin du séjour, l’appartement n’avait pas été dégradé, mais j’ai retrouvé du linge taché, ce qui a bien confirmé les doutes ». Le propriétaire, écœuré par l’expérience, a, depuis, retiré son logement de la location.
« J’ai appris à me méfier »
À Toulouse, la mauvaise expérience de Julie ne serait pourtant pas une exception. « C’est un vrai sujet, il ne faut pas l’occulter, il n’est pas rare que nos adhérents nous remontent ce genre d’événement », reconnaît Corinne Bacquié Gillot, la présidente de l’association des hôtes location courte de durée de Toulouse et sa métropole. De là, à parler d’un phénomène de masse, cette autre adhérente qui loue, elle aussi, plusieurs appartements dans Toulouse n’y croit pas. « Sur une année, cela concerne moins de 5 % des locations, mais c’est vrai que j’ai appris à me méfier », confie-t-elle.
Son conseil ? Privilégier la remise de clés en main propre, qui permet de rencontrer la personne, choisir des plateformes qui vérifient en amont l’identité des voyageurs en enregistrant leur pièce d’identité. Il faut aussi s’assurer que le voyageur a déjà loué plusieurs fois et qu’il est bien noté par la communauté. « Il m’est arrivé encore récemment d’appeler la plateforme de location pour m’assurer que le profil existait bien et qu’il était sérieux. Et si vraiment je ne suis pas à l’aise, je préfère refuser la demande. »











