À Blagnac, près de l’aéroport, le restaurant L’Esprit du Sud-Ouest, devenu au fil des ans le point de rendez-vous de toute l’aéronautique toulousaine, ferme définitivement ses portes après dix-sept ans d’activité. Son propriétaire, Hubert de Faletans, également président de l’UMIH Haute-Garonne, tire la sonnette d’alarme sur la crise que vit le secteur de la restauration.
Les 140 cadres sont décrochés, les maquettes d’avions rangées, les rideaux baissés… le restaurant L’Esprit du Sud-Ouest, à Blagnac, ne rouvrira pas ses portes en cette rentrée. Son patron, Hubert de Faletans, qui est également président de la branche restauration de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) de Haute-Garonne, tire la sonnette d’alarme face à la crise que traverse ce secteur.
Avec une capacité de 150 couverts, l’établissement était un point de rendez-vous incontournable pour les professionnels du secteur aéronautique. Installé rue de Bordebasse, à proximité de l’aéroport Toulouse-Blagnac, le restaurant avait ouvert ses portes en 2009. Dix-sept ans plus tard, l’aventure s’achève.
« Ce lieu représentait un héritage »
Après avoir pris des vacances le 31 juillet, Hubert de Faletans devait rouvrir le 24 août. Mais pendant son congé, il a finalement opté pour la fermeture définitive de son restaurant. « J’ai vu ma trésorerie fondre. Un mandataire auprès du tribunal de commerce a validé le fait qu’on ne pouvait plus continuer comme ça. Aujourd’hui, je perds toutes les économies de ma vie et ce qui devait constituer ma retraite. »
La décision a été d’autant plus difficile à prendre que le restaurant occupait une place particulière dans l’histoire personnelle du patron. « L’établissement était situé au croisement de deux avenues, dont l’avenue Escadrille-Normandie-Niemen. Le frère de mon grand-père était pilote de chasse et est mort en 1944. Il faisait partie des pilotes décédés durant l’escadrille Normandie-Niemen. Ce lieu représentait un héritage », confie-t-il.
« Aucun patron ne s’est remis de cette violence subie pendant le confinement »
Pour Hubert de Faletans, les difficultés actuelles du secteur sont le résultat d’une succession d’éléments qui ont progressivement fragilisé les restaurateurs. « Aucun patron ne s’est remis de la violence subie pendant le confinement, avec la fermeture soudaine de nos établissements. À partir de ce moment-là, je me suis dit que ce métier allait devenir de plus en plus difficile », avance-t-il.
Depuis, rien ne s’est arrangé. « Notre clientèle est composée majoritairement du secteur tertiaire et le télétravail impacte également notre activité. En mars, il y a eu l’augmentation des prix avec le blocage du détroit d’Ormuz. Cet été, les fortes chaleurs n’ont rien arrangé. Le mois de juillet a été le pire de tous, on a fait -20 % », détaille Hubert de Faletans.
« 25 restaurants ferment chaque jour en France »
Il continue d’assurer la présidence de la branche restauration de l’UMIH 31. « On essaie d’accompagner, au moins psychologiquement, les chefs d’entreprise. On a des adhérents qui sont capables de dormir dans leur restaurant, n’acceptant pas la fin de leur entreprise », partage-t-il.
Hubert de Faletans n’est pas optimiste pour les mois à venir. « Le mois d’août est une catastrophe à Toulouse en termes de fréquentation des restaurants. La reprise de septembre va être très compliquée pour tout le monde », alerte le restaurateur. « Cette tendance, on la retrouve dans quasiment toutes les régions de France. Thierry Marx, le patron de l’UMIH, avait déclaré que 25 restaurants fermaient chaque jour. »
Après la fermeture de L’Esprit du Sud-Ouest, Hubert de Faletans entend désormais se consacrer pleinement à sa brasserie, la Brasserie Tolosa, située à Aucamville, ainsi qu’à son engagement au sein de l’UMIH.

















