Après trois heures de reconstitution, entre Cagnac-les-Mines et Mailhoc (Tarn), ce vendredi 2 octobre, les avocats des parties civiles n’ont pas été convaincus par la démonstration de Cédric Jubillar. En revanche, l’avocat de ce dernier, Me Pierre Debuisson, estime que son client « a coopéré au maximum ».
Après cinq ans de déni, Cédric Jubillar est repassé aux actes le temps d’une reconstitution judiciaire entre sa maison de Cagnac-les-Mines et Mailhoc pour détailler le meurtre de son épouse, Delphine, survenu en décembre 2020.
Récemment passé aux aveux, l’artisan plaquiste a mimé face aux enquêteurs et magistrats l’étranglement de sa femme à la suite d’une dispute conjugale, puis le transport et l’enfouissement de son corps sous du terreau. Si la défense salue sa coopération maximale lors de cet exercice, les avocats des parties civiles dénoncent une mise en scène comportant des incohérences et des ajustements avec les faits établis, en vue de son procès en appel prévu au printemps 2027.
Mes Malika Chmani et Laurent Boguet, avocats des enfants du couple Jubillar :
« Cette reconstitution nous démontre que ce n’est pas simple de porter un corps de 60 kg, que l’on peut émettre l’hypothèse qu’il a pu cacher la voiture, une fois à Mailhoc, et se rapprocher, qu’on n’était pas dans les mêmes conditions. Je crois que c’est Cédric Jubillar qui nous a toujours dit qu’il faisait ça pour ses enfants et qu’il n’avait plus aucun intérêt à mentir. Moi, je crois qu’on est encore loin du compte. Maintenant, il va y avoir un procès devant la cour d’assises (NDLR, du 30 avril au 14 mai 2027, à Toulouse) et on va pouvoir débattre de tout ce qui ne va pas. Aujourd’hui, il nous dit que Louis se trompe au niveau de la dispute. Il nous dit qu’il n’y avait pas les lunettes pour Delphine. Il nous dit que le téléphone, il l’a jeté avant 6 heures du matin… Enfin, il y a des choses qui ne collent pas. Donc maintenant il va y avoir un procès, je crois que c’est la dernière grande étape aujourd’hui, un procès où on va pouvoir débattre de tout cela. »

« Cédric Jubillar réorganise complètement cette nuit du 15 au 16 décembre 2020, la temporalité de la soirée, en indiquant qu’en réalité, les voisines n’ont pas entendu les bons bruits, que Louis n’a pas participé à la bonne dispute, puisque tout a commencé aux alentours de 1 h 30. Il est évolutif sur les horaires. »
Me Philippe Pressecq, avocat de Lolita, une cousine de Delphine Jubillar :
« Ses explications ne correspondent pas au dossier tel qu’il est constitué depuis cinq ans. L’horaire des faits ne correspond pas. Nous avons du mal encore à comprendre comment Cédric Jubillar a pu creuser dans ce tas de compost, en plein hiver et en plein froid. Effectivement, le compost laisse que très peu de traces sur les mains puisque nous lui avons demandé de nous les montrer. Mais qu’a-t-il pu creuser exactement cette nuit-là, on ne le sait pas vraiment… Mais ce sont finalement des traces assez minimes. »
Me Mourad Battikh, avocat de l’oncle et de la tante de Delphine Jubillar :

« Des mensonges, toujours des mensonges… Nous sommes dans du grand Cédric Jubillar qui continue de s’enferrer dans des mensonges à l’infini. Il raconte tout et son contraire, donc nous n’avons rien appris de nouveau si ce n’est qu’il se met encore une fois en scène. Il est au cœur de tout et veut se poser comme le personnage principal de ce récit, du début à la fin. C’est un scénario sans témoins qu’il déroule. Chaque élément qu’il met en œuvre va aller dans son sens, donc cela ne tient pas la route au regard des éléments matériels auxquels il est confronté. Mis en situation, il a été incapable de porter le corps-mannequin, dans la maison. Il a été mis en difficulté mais c’est un scénario qui l’arrange et dans lequel il se retrouve au centre de tout. »
























