Le cirque Muller Zavatta est de retour à Toulouse pour trois jours de représentations. Installés route d’Espagne avec une cinquantaine d’animaux, ses camions et enclos attirent les curieux, mais aussi les critiques des associations de protection animale.
Alors qu’il fait régulièrement débat, le cirque Muller Zavatta est de retour à Toulouse dès ce vendredi 9 octobre pour trois jours de représentations. Depuis le début de la semaine, il s’est ainsi installé route d’Espagne, sur une petite portion de terrain à deux pas de But et Jardiland, avec ses animaux, à deux pas de la route. Les Toulousains s’y pressent pour observer « l’attraction », mais pour d’autres, cette nouvelle venue est un « scandale ».
Des animaux juste à côté de la route
Ils sont une cinquantaine : des fauves, des autruches, des chevaux, des chameaux et bien d’autres animaux. Ils sont installés au niveau du rond-point du Dr Maurice Dide, route d’Espagne, sur un petit terrain situé entre deux routes.
Les fauves, une dizaine, tournent en rond dans les camions-cages, tandis que les chameaux, séparés des passants par une simple corde, errent sur le terrain, certains allongés au sol. Plus loin, une basse-cour avec un peu de foin. Ces animaux sont devenus l’attraction du moment, avec des riverains qui s’arrêtent et les prennent en photo, comme dans un zoo.

Le cirque se vante également de présenter un hippopotame d’une quarantaine d’années, pesant plus de trois tonnes, lors de ses spectacles. Généralement transporté en camion et stationné dans un conteneur rempli d’eau en guise de piscine, nous ne l’avons toutefois pas observé au cours de notre reportage.
« Ils sont emprisonnés à vie »
« Ce sont des animaux sauvages et domestiques qui ont besoin de stabilité. Là, ils sont trimballés, dressés, emprisonnés à vie. On observe des troubles du comportement chez les fauves, des stéréotypies (tourner en rond) parce qu’ils sont en captivité et qu’ils s’ennuient profondément. Les chameaux ne sont pas du tout dans leur milieu. Ce sont des animaux qui se déplacent, minimum 5 km par jour, ils vivent en grand groupe, là ce n’est pas le cas », déplore Amandine Sanvisens, cofondatrice de la PAZ (Projet Animaux Zoopolis). La militante a par ailleurs reçu des appels téléphoniques malveillants réitérés de la part de Franck Muller, directeur du cirque, faits pour lesquels il a été condamné à un emprisonnement délictuel de 3 mois assortis du sursis probatoire pendant 24 mois.
Pour les associations de protection animale, ce cirque et la manière dont les animaux y sont traités posent problème. « Comment ce cirque peut perdurer ? Il y a un vrai risque pour la santé mentale de ces bêtes qui n’ont toujours connu que ça. Ce sont des spectacles archaïques alors qu’il existe tellement de diversité dans les arts du cirque. Il est temps d’arrêter cette relation aux animaux, cette souffrance », poursuit Amandine Sanvisens.

Un cirque bien connu pour ses problèmes
À Toulouse et dans ses environs, le cirque Muller Zavatta est bien connu. En 2025, son installation à Labarthe-sur-Lèze n’avait pas été autorisée par la mairie, tout comme à Cugnaux la même année. Il s’était également installé sur le parking de Tisséo à Basso-Cambo, à Toulouse, où des dégradations, des pieux plantés dans le bitume et des vols d’électricité avaient été recensés.
Contacté, le cirque n’a pas souhaité répondre à nos questions.
Que dit la loi ?
Depuis le 1er décembre 2023, les cirques itinérants ne peuvent plus :
- acquérir de nouveaux animaux d’espèces non domestiques ;
- les commercialiser ;
- les faire se reproduire en vue de les présenter au public.
A partir du 1er décembre 2028, les établissements itinérants ne pourront plus détenir, transporter ni présenter au public des animaux d’espèces non domestiques. Cela concerne donc notamment les lions, tigres, éléphants, girafes, singes…














