Airbus, via sa filiale UpNext, a testé avec succès des systèmes de roulage autonome pour avions à Toulouse-Blagnac et à Paris-Charles-de-Gaulle. Ces essais, menés d’abord avec un camion high-tech, puis avec un A350, ont pour objectif de fluidifier et de sécuriser le déplacement des avions au sol sur des aéroports saturés. L’avionneur nous a fait une démonstration de ses nouvelles technologies qui sont désormais prêtes à être déployées.
Avec le doublement du trafic aérien mondial prévu par l’Association internationale du transport aérien (IATA) d’ici vingt ans, de très nombreux aéroports vont se retrouver littéralement saturés. Le risque d’embouteillages sur les plateformes et d’incidents au sol va donc augmenter de manière significative. Pour fluidifier et sécuriser les déplacements au sol d’une partie au moins des quelque 50 000 avions de ligne alors en service, Airbus a trouvé la solution.
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Via sa filiale UpNext dédiée à l’innovation, l’avionneur teste en effet depuis octobre 2023 différents systèmes de roulage autonome qui pourraient être implémentés sur ses appareils. Après 1 500 heures en simulateur, dix millions de lignes de code et 500 heures d’essais avec « Optimate », un camion high-tech, les essais sont officiellement terminés… De nouvelles technologies sont là, prêtes à être déployées.

On a testé pour vous…
Airbus nous en a fait la démonstration en conditions réelles. Ce 6 octobre 2026 à Toulouse, nous avons en effet été invités à prendre place à bord de ce camion customisé, bardé de capteurs, et qui reproduit exactement les mouvements au sol d’un A350. Si l’avionneur a fait le choix d’Optimate pour mener toute la première phase de tests au sol plutôt que d’utiliser son A350 d’essai, c’est évidemment pour des questions de coûts, mais aussi parce qu’il a besoin de l’avion dans les airs pour développer, tester et certifier de nouvelles innovations technologiques. Retournons donc à notre camion sur le tarmac.

Pendant une heure, nous avons circulé sur les taxiways de l’aéroport Toulouse-Blagnac et testé de multiples scénarios… Comme une voiture autonome, Optimate est en effet capable de se déplacer tout seul. On indique sur un écran tactile l’endroit où l’on veut se rendre et l’avion, pardon le camion, trace sa route comme un grand. En fonction du trafic sur la zone, le système peut aussi proposer l’itinéraire le plus rapide pour arriver à destination. Si l’on rencontre un obstacle ? Le camion s’arrête. Si on mène une action sur les freins, les manettes des gaz ou le « tiller », cette sorte de demi-volant qui contrôle l’orientation des roues avant ? Vous reprenez alors immédiatement les commandes en manuel. Si vous vous écartez de votre trajectoire ? Le système vous remet dans le droit chemin. Et si vous vous approchez d’une piste où un avion s’apprête à se poser ? Là encore, le véhicule s’immobilise avec une distance de sécurité.

Des tests menés cet été avec un A350 sur l’aéroport Charles-de-Gaulle
Pour que tout cela fonctionne avec un très fort taux de fiabilité, près d’une centaine de personnes a été mobilisée pendant trois ans et différentes technologies ont été agrégées. « Notre système est capable de voir, d’entendre, de recevoir de l’information et de communiquer », explique Jonathan Rigaud, le directeur d’Optimate chez Airbus UpNext. « Notre système fait appel à des radars, des lidars, des caméras, des antennes SATCOM, de la 5G, au système ADS-B pour connaître la position des autres avions… plein de technologies en fait qui permettent de détecter notre environnement, de comprendre ce qui se passe autour de nous et lorsqu’il y a un événement anormal, d’arriver à anticiper et à s’arrêter à temps. »

Une fois mis au point, le système a été testé en juillet dernier sur un véritable A350 d’Airbus équipé de différents capteurs. Pour le confronter à un environnement réel, les essais ont été effectués sur l’aéroport de Charles-de-Gaulle en pleine « période de pointe ». Ils ont duré trente heures au total et tout s’est déroulé comme prévu. L’avionneur a désormais toutes les cartes en main pour décider d’intégrer ou non ces fonctionnalités intelligentes de roulage autonome sur ses appareils. Affaire à suivre !

















