Des affrontements ont éclaté jeudi matin près du lycée Charles-de-Gaulle à Muret, impliquant une cinquantaine de jeunes encagoulés et les forces de l’ordre. Les tensions se sont déplacées vers le lycée Aragon, où un feu de poubelles a été allumé. Quatre jeunes déscolarisés ont été interpellés. On vous raconte.
Les premiers heurts ont éclaté ce jeudi en début de matinée sur un rond-point (rue du Père-Daniel-Brottier), à proximité du lycée Charles-de-Gaulle au nord de Muret. Une cinquantaine de jeunes, la plupart encagoulés et vêtus de noir, ont défié la colonne de gendarmes de la compagnie de Muret et gendarmes mobiles, tandis que le quartier était bouclé par les forces de l’ordre. Le feu a entraîné une importante colonne de fumée noire visible loin à la ronde.

S’en est suivie une charge des forces de l’ordre qui a eu pour effet de disperser les manifestants qui ont pris leurs jambes à leur cou en direction du quartier gare, du centre-ville. La tension était palpable du côté des militaires pour tenter de localiser ces agitateurs, sous l’œil des passants médusés et de dizaines de lycéens scotchés sur leur téléphone, filmant la scène en marge de ces échauffourées.

Des « casseurs » déscolarisés ?
La tension s’est déplacée dans la matinée du côté du lycée Aragon, au sud de la ville. Quartier verrouillé, passants et lycéens sacs fouillés. Une petite quinzaine de jeunes, à priori les mêmes que plus tôt, se sont « réfugiés » dans une impasse (Marcel-Pagnol) face au lycée, défiant à nouveau une colonne de gendarmes, allumant un feu de poubelles au désarroi des riverains, insultes fusant au passage et quelques cailloux…

Les militaires ont finalement chargé pour déloger ces « casseurs »… qui se sont envolés à reculons, sautant par-dessus les clôtures des habitations. Quatre d’entre eux ont été interpellés, des jeunes déscolarisés a priori.
Cette intervention s’est déroulée devant quelque deux cents lycéens, rassemblés dans le calme et dans l’attente devant le lycée.

Parmi eux, Norah, 17 ans, regrette dans le mouvement lycéen que « ce qui est pris en compte ce sont surtout les violences au détriment de nos revendications. Les casseurs on les met trop en lumière ». Safia, 17 ans, renchérit à ses côtés, « il y a beaucoup de déscolarisés dans le lot et la police, les gendarmes ne dosent pas s’il s’agit de mineurs ». Safia, qui se trouvait la semaine passée, devant son lycée Aragon, a reçu plusieurs coups de matraque au ventre dont elle porte encore les marques. « J’étais juste devant le lycée, habillée avec de la couleur, pas en noir précise-t-elle, « J’étais tranquille. Je ne bougeais pas. Une voiture est arrivée avec des gendarmes qui ont bondi et tapé tous ceux qui étaient là avec leurs matraques et boucliers ».


















