Après un premier samedi marqué par les pillages et les dégradations, les commerçants du centre-ville de Toulouse avaient pris leurs précautions pour le deuxième acte de la mobilisation, ce samedi 24 octobre. Malgré une journée plus calme, les pertes financières et les conséquences psychologiques restent importantes. Alors qu’un troisième samedi de manifestation se profile, les commerçants s’interrogent sur la durée de cette situation et ses conséquences à l’approche des fêtes de fin d’année.
Pour l’acte II, ils s’étaient préparés… Barricades sur les vitrines, vêtements et accessoires à l’abri : ce samedi 24 octobre, les rues commerçantes du centre-ville de Toulouse revêtaient des airs apocalyptiques. Mais après un premier acte marqué par la casse et les pillages en marge de la mobilisation de l’intersyndicale, interlycéenne et des gilets jaunes, bon nombre de commerçants avaient pris leurs précautions. Avec cette nouvelle annonce de manifestation, la clientèle n’était toutefois pas forcément au rendez-vous. Jusqu’à quand cette situation va-t-elle durer ? Les commerçants dressent le bilan et se préparent au prochain acte.
« Je pense arrêter la vente »
Après un premier samedi qui a marqué les esprits, reprendre le cours de ses activités n’est pas toujours facile. Pour cette commerçante de la rue Alsace, qui souhaite rester anonyme, les pertes sont conséquentes : « Normalement, on est à 4 000 ou 5 000 € de chiffre d’affaires. Là, sur les deux derniers week-ends, on est à zéro. On a fermé à midi ce samedi ».
Mais l’impact psychologique est tout aussi important : « Notre entreprise a refusé de nous mettre du placo sur la vitrine, alors qu’elle est très peu solide. On est en insécurité totale. C’est très pesant pour moi, je suis dégoûtée au vu de ce qu’il se passe. La clientèle n’est plus souriante, plus ouverte. Ce matin, j’ai pleuré en arrivant. J’ai 42 ans, mais je pense sérieusement à arrêter la vente », confie-t-elle au bord des larmes.

Une « milice » rue Saint-Rome
Si certains commerçants ont été très choqués psychologiquement, d’autres se sont organisés pour faire jouer la solidarité, notamment rue Saint-Rome. « Une petite milice s’est organisée avec un groupe WhatsApp des commerçants. Des maîtres-chiens et de la sécurité privée ont patrouillé dans la rue. On a simplement fermé à 18 h 30, mais ça s’est très bien passé, il n’y a eu ni débordement ni casse », raconte Lexane, vendeuse chez Inside, qui indique tout de même avoir constaté une baisse de son chiffre d’affaires.
Même constat du côté de la Casa de las Carcasas, qui estime tout de même ses pertes à 2 000 € sur les deux samedis de mobilisation. « Nous avions finalement pris la décision de fermer le magasin samedi 24 octobre, à la suite des débordements qui ont eu lieu le samedi précédent », explique Antoine, manager de l’enseigne, qui avait retrouvé sa boutique gazée après la première mobilisation. Des barricades ont été installées devant la vitrine pour protéger le magasin, mais aucun débordement n’a finalement été constaté.
Un acte III plus serein
Les commerçants restent relativement sereins à l’approche de l’acte III, prévu ce samedi 31 octobre. « C’était surtout le premier week-end. À voir samedi prochain comment ça va tourner. Mais on ne va pas vider notre vitrine tous les week-ends », note Jennyfer, responsable adjointe chez Calzedonia, qui est restée ouverte rue Alsace.
« On n’a pas de visibilité sur samedi. Si le parcours est bien défini et que la manifestation se déroule en dehors de l’hyper-centre, ça devrait aller. Mais on va adapter nos horaires et garder nos barricades le temps qu’il faudra. À voir sur le long terme, avec l’approche des fêtes », explique Ambre, vendeuse chez Avril, qui estime tout de même sa perte de chiffre d’affaires à 4 000 € ce samedi malgré l’ouverture. « On va laisser les barricades pour samedi prochain, il vaut mieux être sûrs », indique Anaïs, vendeuse chez Lovisa et évacuée par la BAC le samedi 17.
Une chose est sûre, malgré un samedi moins difficile que le précédent, les commerçants toulousains restent sur leurs gardes face à de potentielles violences, qui pèsent inévitablement sur leur chiffre d’affaires.


















