C’est une première qui marque un tournant symbolique pour le Tarn-et-Garonne. Le 13 juin prochain, Montauban accueillera sa toute première Marche des Fiertés. Derrière les paillettes, la musique et l’ambiance festive, l’événement porte surtout un message : rendre visible une communauté LGBTQI+, encore trop discrète dans cette ville.
Le rendez-vous est inédit dans le département. Le 13 juin prochain, les rues de Montauban accueilleront la toute première Marche des Fiertés du Tarn-et-Garonne, organisée par l’association Pride 82. Une initiative portée par son président, Vincent Prevot, avec une ambition claire : donner de la visibilité aux personnes LGBTQI+ dans un territoire souvent oublié des grandes mobilisations.
« On voit beaucoup d’événements à Toulouse, Bordeaux ou Montpellier, mais les territoires ruraux ont aussi besoin d’être représentés », explique-t-il. « Ici aussi, il y a des personnes concernées, des jeunes qui peuvent se sentir isolés, des familles, des parcours de vie qui méritent d’être mis en lumière. » Selon les organisateurs, cette première édition prendra la forme d’une journée festive et revendicative, avec village associatif, animations et déambulation dans le centre-ville. « C’est la première fois que je vais pouvoir participer à une marche. D’habitude c’est beaucoup trop loin pour moi », confie le jeune Théo, 16 ans, tout sourire.
« On dérange ! »
Mais l’initiative ne laisse pas tout le monde indifférent. Dans une ville ancrée à droite et souvent décrit comme conservatrice, l’annonce de cette marche suscite déjà quelques réactions hostiles. « Pourquoi nous imposer cette manifestation ? L’orientation sexuelle des autres ne me regarde pas ! », affirme Josette, 72 ans, retraitée montalbanaise. « Nous avons eu quelques remarques déplacées », reconnaît Vincent Prevot. « Nous avons conscience que nous dérangeons certaines personnes. Mais justement, si une marche des Fiertés dérange encore en 2026, c’est qu’elle reste nécessaire. »
Sans chercher la confrontation, les organisateurs disent vouloir maintenir un climat apaisé. « Le but n’est pas de provoquer qui que ce soit. Nous mettons tout en œuvre pour que tout se passe bien pour tout le monde », insiste le président de Pride 82. Dans cette optique, la question de la sécurité a été anticipée très tôt avec les autorités. Le parcours exact de la marche ne sera d’ailleurs pas communiqué en amont, une précaution devenue fréquente sur ce type d’événement.
Une visibilité encore faible dans le département
Pour les bénévoles de Pride 82, cette première marche marque surtout une étape symbolique, dans un territoire où les initiatives LGBTQI+ restent peu nombreuses. L’association revendique une démarche locale, loin des clichés parfois associés aux grandes Prides urbaines. « Beaucoup de personnes pensent encore que ces événements ne concernent que les grandes villes. Pourtant, dans les campagnes et les communes moyennes aussi, il existe des discriminations, du rejet ou simplement un sentiment d’isolement », souligne Vincent Prevot.
Depuis plusieurs années, les Marches des Fiertés se développent dans des villes moyennes et des territoires ruraux, comme à Agen ou dans plusieurs communes du Sud-Ouest. À Montauban, les organisateurs espèrent surtout ouvrir un espace de dialogue et de visibilité. « Le simple fait de pouvoir marcher ensemble, ici, dans le Tarn-et-Garonne, c’est déjà un message fort », résume le président de Pride 82.
Inès Grimaud









