À quelques kilomètres de Montpellier, les vestiges de Lattara renferment les traces d’un port gaulois actif du VIe siècle avant notre ère jusqu’à l’époque romaine. Une exposition inédite, ouverte jusqu’en février 2027, y explore les pratiques de banquets entre Grecs, Étrusques et Gaulois, et remet ce carrefour méditerranéen sous les projecteurs.

Lattara, port gaulois au confluent des civilisations
Nous vous emmenons aujourd’hui à quelques kilomètres de Montpellier, à Lattes, où dorment les vestiges d’un port gaulois actif dès le VIe siècle avant notre ère. La cité antique de Lattara s’élevait alors au bord du Lez, carrefour commercial où se croisaient marchands gaulois, Grecs venus de Marseille et Étrusques d’Italie.
Les fouilles, lancées en 1963 par l’archéologue amateur Henri Prades et poursuivies par le CNRS depuis 1983, ont livré des milliers d’objets qui racontent cette rencontre entre plusieurs mondes. Parmi les découvertes les plus marquantes figurent les plus anciennes attestations connues de production de vin par des Gaulois, une trouvaille qui a changé la manière dont on raconte l’histoire du vignoble languedocien. Vous le comprendrez vite en vous promenant sur le site, Lattara n’était pas un simple comptoir isolé, mais un véritable point de passage où s’échangeaient marchandises, techniques et habitudes de vie entre des civilisations qui se croisaient rarement ailleurs d’aussi près.
L’exposition « Banquets méditerranéens », un angle inédit
Depuis le 5 juin 2026 et jusqu’au 1er février 2027, le musée Henri Prades propose une exposition consacrée aux pratiques de banquets collectifs chez les Grecs phocéens, les Étrusques et les Gaulois. Reconnue d’intérêt national par le ministère de la Culture, qui lui apporte à ce titre un soutien financier exceptionnel, elle s’appuie sur les travaux du programme de recherche GEPRICO, financé par l’Agence Nationale de la Recherche.
Nous trouvons l’angle particulièrement réussi, car il ne se contente pas d’exposer de beaux objets, mais montre comment le choix des aliments, des ustensiles et des gestes rituels constituait, entre le VIe et le IVe siècle avant notre ère, un véritable langage culturel partagé entre des peuples qui n’avaient pourtant pas grand-chose en commun au départ. Que ce soit pour honorer les morts, célébrer les dieux ou simplement marquer un moment de vie collective, ces repas partagés en disent souvent plus long sur une société que ses monuments les plus imposants.
Ce que le visiteur découvre sur place
Au-delà de l’exposition temporaire, le site se visite en plein air, autour des vestiges de l’habitat protohistorique en terre crue.
Vous pourrez pousser jusqu’à la maison gauloise reconstituée dans le jardin du musée, une immersion concrète dans le quotidien des habitants de Lattara il y a plus de deux mille ans. Les collections permanentes complètent la visite, avec de nombreux objets issus des fouilles menées depuis plus de soixante ans sur ce site qui porte aujourd’hui le nom d’Henri Prades, son inventeur. Comptez une bonne demi-journée pour tout voir sans vous presser.
Infos pratiques pour y aller depuis Toulouse
Comptez environ deux heures et demie de route depuis Toulouse, par l’A61 en direction de Montpellier. Une fois sur place, le site archéologique Lattara-musée Henri Prades se trouve au 390 route de Pérols, à Lattes, accessible depuis Montpellier par le tramway, terminus de la ligne 3 « Lattes Centre ».
Côté horaires, le musée ouvre en semaine de 10h à 12h et de 13h30 à 17h30, et les week-ends et jours fériés de 14h à 19h jusqu’au 31 octobre, puis de 14h à 18h à partir du 1er novembre. Il est fermé le mardi. L’entrée est gratuite le premier dimanche de chaque mois, de quoi profiter de cette plongée méditerranéenne sans grever le budget sortie du week-end.

















