« François, Isabelle, Régis, Inès, Maxime, Hélène, Vincent, Anne-Sophie, Alexandre, Caroline… » Énumérant un à un les premiers membres de la liste de la Gauche unie, dévoilée par François Briançon lundi, Ahmed Dahrour, n°7 sur la liste de François Piquemal pour les Municipales 2026, n’y ait pas allé avec le dos de la cuillère, lors d’une conférence de presse où la liste « Demain Toulouse » a présenté ses engagements en matière de démocratie locale : « Je ne vois pas d’Ahmed ni de Mohamed », a-t-il lancé, avant d’asséner : « J’ai été choqué par l’absence de diversité, surtout dans les places éligibles ». Avant que François Piquemal, le chef de file, n’accuse les socialistes « d’invisibilisation des quartiers populaires ».
« Au moins, Jean-Luc Moudenc, il a Sofiane »
Très incisif ce mardi envers la « gauche institutionnelle » – celle de la version Briançon selon ses termes -, Ahmed Dahrour a fustigé : « Il n’y a personne issu des quartiers populaires. Or, qui mieux qu’un villageois pour parler de son village ? » Un temps mort, et il a observé : « Au moins, Jean-Luc Moudenc, il a Sofiane (Oumiha, NDLR) ». Le boxeur international, enfant de La Reynerie, est en effet n°5 de la liste du maire sortant, et serait assuré d’être élu, même en cas de défaite. Puis le fondateur du mouvement « Tous pour Toulouse », allié à la France insoumise dans cette campagne, a asséné :
Il y a plus de diversité chez Moudenc que chez Briançon.
« Les électeurs ont le choix entre la vieille gauche, celle du PS, et la nouvelle gauche », a enchaîné Ahmed Dahrour, évacuant les accusations de « communautarisme » que leur lancent certaines listes adverses : « Le communautarisme consiste à cultiver l’entre-soi. Notre démarche est exactement l’inverse : redonner la parole, ce n’est pas fragmenter la ville, mais la rassembler ».
Haro sur « un cartel de partis et de logos »
« La non-représentation sinon l’invisibilisation des quartiers populaires est une anomalie, surtout à gauche », a embrayé François Piquemal. « Je ne pense pas qu’on gagne Toulouse en oubliant des quartiers ».
La liste de son rival socialiste ? Pour le député LFI, « c’est un cartel de partis et de logos, à l’image de cette alliance ». Celle d’une gauche « qui a du mal à renouveler son schéma et sa vision de la société ».
On est la liste de tous les quartiers de Toulouse. On est la nouvelle gauche, avec une liste à l’image de Toulouse.
« Cette question de la représentativité des quartiers populaires pèse aussi sur les programmes », s’est dans la foulée inquiété Benoit Cazals, soutien de François Piquemal.
« La gauche unie ? Ca ne manque pas de sel », dit François Piquemal
Le camp Piquemal s’est aussi ému du nom de la liste Briançon (« La gauche unie pour Toulouse », NDLR) : « La gauche unie, pour eux, c’est sans les quartiers populaires », a raillé Ahmed Dahrour. Pour nous, c’est avec tous les quartiers, mais aussi le NPA et d’autres voix qui comptent à gauche ». Avant que François Piquemal ne s’amuse : « S’appeler la gauche unie sans avoir la principale force de gauche de Toulouse, ça ne manque pas de sel ! »
« Nous, on est les héritiers des Motivé-e-s et d’Archipel Citoyen », a encore scandé le député LFI ce lundi. Les Écologistes sont la première force politique de la liste Briançon ? « Ils ont 17 candidats, mais nous, on en a 52 de plus », s’est-il exclamé, avant de se revendiquer à la tête de « la liste où il y a le plus d’écologistes cohérents. Car celle qui dit clairement non à A69, à la LGV, à la Jonction Est, aux grands projets écocides, c’est la nôtre ! »
Michèle Bleuse a claqué la porte (de la liste Briançon, NDLR), Antoine Maurice, qui a pourtant mené la campagne en 2020, n’est pas sur la liste. Quant à Romain Cujives, qui était annoncé comme le renouveau du PS, il a été balayé par le vieux monde…
« En finir avec les professionnels de la politique »
« J’étais à Archipel pour faire de la politique autrement », a soupiré Alice Cohen, qui a quitté le parti d’opposition pour rejoindre Démocratie en Commun et l’écurie LFI. Chez Briançon ? « Il y a une concentration assez forte de personnes déjà en poste, il y en a énormément qui sont déjà élues et vont se passer le pouvoir.. Quelle est l’ambition de pluralité et de diversité ? La démocratie, il faut que ça tourne ».
La démocratie représentative est en panne et il faut en finir avec le pouvoir confisqué par quelques-uns. Il faut en finir avec les professionnels de la politique.
« Chez nous, seules 10 personnes ont une expérience municipale », appuie François Piquemal.
« Mon ennemi, c’est Moudenc », dit François Piquemal
Mais si elle n’a pas épargné François Briançon, la liste Piquemal a aussi tapé fort, très fort même, sur le maire sortant ce mercredi : « Mon ennemi c’est Moudenc, il faut que tout le monde s’aide pour le battre », a claironné le député-candidat.
« Ce maire aura été le maire des affaires », a-t-il entre autres asséné, exhumant divers dossiers impliquant ou imputés au locataire du Capitole et à ses majorités successives depuis 2014 (affaire Brasilès, affaire Arribagé, ou encore plaintes d’Anticor contre Jean-Luc Moudenc). Puis il a poursuivi : « Ce conseil municipal ressemble assez à une association de malfaiteurs ».
Il faut remettre de l’ordre, passer un coup de balai, et nettoyer le Capitole de ceux qui l’ont sali par tant d’affaires excessives.
Persuadé d’être en tête au premier tour, « même si les sondages qui vont sortir diront le contraire », François Piquemal se voit incarner le nouveau visage de la Ville rose : « On est la liste de tous les quartiers », conclut le député-candidat. « On est la nouvelle gauche, celle à l’image de Toulouse ».
Un projet sur la démocratie autour de « cinq piliers »
Outre les attaques envers la liste Briançon d’un côté et le camp Moudenc de l’autre, François Piquemal et ses colistiers ont décliné ce mardi « les cinq piliers » de leur projet sur la démocratie locale. Pour faire du Capitole « une mairie exemplaire », ils promettent « la transparence dans le fonctionnement » du conseil. Après « un audit des finances locales, car M. Moudenc est un très mauvais gestionnaire », ils s’engagent à rendre « accessibles aux citoyens toutes les subventions aux associations, marchés publics, partenariats publics privés, délégations de service public, sondages financés par la collectivité et autres frais des élus ».Pour davantage de « démocratie participative », ils promettent « la parité sociale ». Avec des « listes électorales qui reflètent la diversité des milieux sociaux », ils souhaitent que le conseil municipal accueille « davantage de classes populaires : « Aujourd’hui, il contient 68 % de classes supérieures. Ca ne peut plus durer », dit Alice Cohen. « Notre liste en compte 30 % ».Le camp Piquemal s’engage aussi à « donner la parole aux population invisibilisées », à créer des coopératives de quartier dans chacun des 60 grands quartiers de Toulouse, et enfin à instaurer un référendum local d’initiative citoyenne (RIC) municipal. « C’est un dispositif prévu dans la loi depuis 2003 mais trop peu utilisé », appuie Madeleine Parpet, militante du NPA, qui défend aussi l’émergence de « lieux autogérés, politiques, où on peut former les citoyens à ces outils démocratiques ». L’idée serait de soumettre au RIC les grands dossiers d’urbanisme : « On peut ou on aurait pu le faire sur des projets comme la Tour Occitanie, la Jonction Est, les grands projets de démolition au Mirail ou à Matabiau et au Mirail… »
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