Vent de panique entre Bordeaux et Toulouse dans le dossier de la ligne à grande vitesse (LGV). Alors qu’au nord de Toulouse, des travaux ont démarré en 2024 et que l’État s’est engagé à la financer, un rapport attendu au printemps pourrait mener l’État à suspendre le chantier.
Cela commence à devenir un serpent de mer alors qu’on pensait tous les feux au vert. La future LGV Bordeaux Toulouse dont on parle depuis 20 ans, censée mettre la ville rose à 3h10 de la capitale, va-t-elle réellement voir le jour ? Et si oui, le délai annoncé de 2032 est-il réaliste ?
Depuis la fin de l’année 2025, la question du financement de l’infrastructure revient dans les réunions de comité de pilotage. Et les derniers signaux envoyés par les pouvoirs publics ne sont pas positifs, en attendant le très redouté rapport du Conseil d’Orientation des Infrastructures (COI) au printemps prochain.
« L’État ne tient pas parole »
Le 29 janvier, en préfecture d’Occitanie à Toulouse, les deux préfets, les deux présidents de région et des élus locaux se réunissent en présentiel et en visio pour une nouvelle réunion. Parmi les élus, Brigitte Barèges l’ex maire de Montauban toujours conseillère municipale et plus que jamais influente. « On nous a parlé de la commission d’examen des infrastructures qui arbitre au niveau national les priorités des investissements de l’État. Et visiblement, l’État préfèrerait le réseau ferroviaire existant plutôt que de créer des voies nouvelles. C’est un revirement total de l’État, je suis désespérée », se lamente la Tarn-et-Garonnaise qui se demande si la future gare de Bressols verra le jour.
« Nous, les collectivités territoriales, on a déjà dépensé des millions d’euros. Et l’Etat est déjà en retard sur ses paiements, c’est scandaleux« , continue de tempêter Brigitte Barèges qui vient de rendre publique une information que seuls les Echos avaient divulgué jusque là, le 23 janvier dernier : la possibilité que la LGV entre Bordeaux et Toulouse ne se fasse finalement pas. En coulisses, certains y voient d’abord la manœuvre de Bercy. Tout comme la mise en lumière de l’idée, très personnelle et pas tellement nouvelle, de Dominique Bussereau, l’ancien ministre des transports qui proposait en octobre dernier devant le Sénat un recours au partenariat public-privé.
« Un partenariat public-privé, c’est exclu« , objecte Carole Delga, la présidente de la région Occitanie. « Cela coûterait 21 milliards d’euros au lieu de 14 milliards. On est en train de prendre un grave retard alors que les Occitans ont payé 300 millions d’euros pour la LGV entre Tours et Bordeaux. On nous avait promis la LGV avant 2025« , s’énerve la socialiste qui a toujours soutenu la création d’une société de portage et attend le versement de la première partie des crédits de l’État.
Le rapport du COI fin mars ou début avril sera explosif
Le rapport du Conseil d’orientation des infrastructures (COI) sera dévoilé après les élections municipales des 15 et 22 mars. Si jamais il venait à recommander de stopper le chantier, cela ferait l’effet d’une bombe, car le rapport du COI sert en général de feuille de route gouvernementale. Même les services de l’État semblent déconcertés par les derniers signaux envoyés par Bercy. En off, les élus s’activent déjà pour monter au créneau et empêcher le pire. « C’est terrible de devoir faire du lobbying pour un programme qui est déjà engagé, ça n’est pas un projet« , nous glisse-t-on.
En avril 2021, Jean Castex, alors Premier ministre, s’était engagé au nom de l’État à financer la LGV Toulouse-Bordeaux à hauteur de quatre milliards d’euros. Les travaux d’aménagement du nord toulousain ont commencé en mai 2024, ils comportent la modernisation de la ligne entre Matabiau et Castelnau d’Estrétefonds avec notamment une nouvelle halte route de Launaguet, près de la Vache.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555





















