Le tri sélectif, c’est bien, sauf quand il y a des couacs dans les tournées de collecte des déchets. Régulièrement, les conteneurs destinés au récup’verre dans la métropole toulousaine sont saturés et les trottoirs dégoulinent de bouteilles, avec des tessons de verre répandus sur les chaussées alentour. Les usagers s’interrogent sur l’efficacité d’un système « archaïque ».
Je recycle, tu recycles, nous recyclons… Il ne suffit pas de répéter à l’envi la catéchèse du parfait citoyen écoresponsable pour changer les (mauvaises) habitudes. Encore faut-il que la volonté et les politiques publiques suivent. En la matière, la métropole toulousaine, pourtant enviée dans d’autres domaines, ne joue pas forcément dans les premiers de la classe. Symboles d’une gestion d’un autre temps, les fameux containers récup’verre sont disséminés un peu partout dans l’agglomération pour inciter les résidents d’un quartier à faire collectivement le geste qui sauve. À défaut d’un véritable déploiement des bacs enterrés, ces spots deviennent régulièrement des dépotoirs quand les tournées de collecte des entreprises prestataires sont défaillantes.

Près du cimetière Saint-Cyprien, rue Auguste-Valats, voilà plus d’une semaine que l’unique container dédié à ce quartier résidentiel déborde sur les trottoirs. « Il était déjà saturé avant le pont du 14 juillet et maintenant, à défaut d’autres solutions, les gens déposent bouteilles et bocaux sur les trottoirs », peste un riverain. Balai en main, il a entrepris de balayer la chaussée remplie de tessons de verre pour éviter aux automobilistes et aux cyclistes de crever. Un geste citoyen. À la rescousse d’un service public défaillant.
L’univers impitoyable du recyclage
« Cela faisait un petit moment que ça n’était pas arrivé, car le ramassage était devenu plus régulier, mais visiblement il y a à nouveau un problème », s’inquiète-t-il. Sans réponse sur la prochaine collecte. Il faut dire que l’univers des déchets recyclables n’est pas de tout repos. La métropole toulousaine, qui concède ce (gros) marché de plusieurs centaines de milliers d’euros au privé, a connu ces dernières années la valse des entreprises prestataires. L’une d’entre elles a d’ailleurs mis récemment la clé sous la porte. « On veut bien être propres, écolos et responsables, mais comment on fait quand les containers sont pleins ? », s’interroge une habitante de l’avenue de Muret. « On est démunis et ce qui devrait être un plus pour l’environnement finit par devenir un point de concentration des détritus, cherchez l’erreur. » Bref, même si la prise de conscience environnementale progresse chez les usagers, le système du recyclage pâtit de son archaïsme. « En prime, comme ces containers sont exclusivement réservés au verre, les gens abandonnent les bouchons ou les couvercles métalliques à proximité, comme d’ailleurs les cartons ou les poches plastiques dont ils se sont servis. C’est un comble, ce qui est censé être bon pour l’environnement le gâche au quotidien »…
« Une fréquence de collecte adaptée »
Pour Vincent Terrail-Novès, vice-président de la métropole chargé de l’économie circulaire et des déchets, il n’y a pas cependant de problème structurel. « La fréquence des collectes varie en fonction du rythme moyen de remplissage des containers, explique-t-il. Mais il peut y avoir ça et là quelques ajustements à faire après des événements festifs particuliers. Ces derniers jours, les soirées de la Coupe du monde ont évidemment contribué à un surplus de consommation de canettes et autres bouteilles. De même, il peut y avoir un petit décalage avec les jours fériés comme le 14-Juillet. » L’élu rappelle que chaque année ce sont près de 19 000 tonnes de verre qui sont collectées à l’échelle des 37 communes de l’agglomération pour un coût de « 1 euro TTC par habitant ». Quant à l’enfouissement des bacs, « ce n’est pas forcément la bonne idée, glisse-t-il. L’avantage du container hors sol, c’est qu’on peut le déplacer. On a donc plus d’agilité pour s’adapter aux besoins ».Visiblement, la métropole, qui a déployé environ 1 100 containers sur Toulouse et presque 2 000 à l’échelle de l’agglomération, a encore du pain sur la planche pour satisfaire aux critères de la loi Grenelle 2 dont l’objectif national est le recyclage de 75 % des emballages ménagers (acier, aluminium, papier, carton, verre et plastique). Encore un effort !











