Jeudi 15 juillet 2026, le tribunal correctionnel de Toulouse s’est ouvert sur des images insoutenables : une cheville sectionnée à la machette lors d’une violente agression commise au chemin des Izards en août 2025. Face à la projection de ces preuves accablantes issues de la vidéosurveillance, les dénégations des deux prévenus, Mansour et Soufyane, n’ont pas pesé lourd. Jugés pour violences aggravées en réunion et avec arme, ils ont été condamnés à des peines allant jusqu’à quatre ans de prison ferme, même si le mobile de l’attaque reste mystérieux.
Une cheville littéralement sectionnée, les tendons apparents et une mare de sang écarlate figée sur l’écran de la salle d’audience du tribunal correctionnel de Toulouse ce jeudi 15 juillet 2026. C’est par cette image glaçante que les débats s’ouvrent. Sur les clichés projetés à la demande du tribunal, la chair est à vif. C’est le résultat d’un coup de machette d’une violence inouïe, asséné en plein après-midi, le 22 août 2025, chemin des Izards. Une blessure qui a nécessité une quarantaine de points de suture.
Une agression d’une violence inouïe
À la barre, Soufyane, 42 ans, comparaît libre sous contrôle judiciaire. Dans le box des prévenus, Mansour, un jeune Marocain de 25 ans, agite nerveusement ses mains. Tous deux doivent répondre de violences aggravées en réunion et avec arme.
L’enquête des policiers de la sûreté départementale et les témoignages recueillis dessinent une sombre affaire. Cet après-midi-là, une pluie de pierres s’abat sur la victime place des Chamois. Charef est traqué, acculé derrière un bus, désarmé, puis frappé à coups de machette. Soufyane l’aurait maintenu pendant que Mansour frappait. À ses côtés, Soufyane tente de minimiser son rôle, affirmant qu’il n’était présent » que pour séparer « . Une version mise à mal par la procureure.
Le déni face aux preuves
» Je n’ai pas frappé « , s’entête à répéter Mansour, le regard fuyant. Pour lui, la machette appartenait à la victime, Charef, venue l’agresser. Mansour maintient sa ligne de défense minimaliste : » Je l’ai simplement lancée sur lui avant qu’on prenne la fuite « .
» Vous auriez pu tuer la victime. Elle souffre d’une hémorragie à la cheville, d’un os brisé. Cela témoigne de la férocité du coup avec une volonté de tuer « , martèle la procureure de la République.
Une photo déterminante
Pour étayer ses dires, la magistrate confronte Mansour à la réalité implacable du dossier. Une capture d’écran tirée des vidéos de surveillance de la ville est projetée. On y voit distinctement le jeune homme brandir l’arme de tout son poids, s’apprêtant à s’abattre sur le malheureux. Face à l’évidence, le silence se fait lourd dans la salle 4 du palais de justice. La représentante du parquet requiert sans trembler : cinq ans de prison ferme à l’encontre de Mansour, et deux ans dont un an avec sursis pour Soufyane. » Mon client n’est pas un saint, mais il a été ciblé et grièvement blessé. Il n’est pas à l’origine de l’altercation « , prévient Me Margot Arberet en partie civile.
La défense sort les rames…
En défense, l’heure est au sauvetage. Me Océane Desboeuf, pour Mansour, s’emploie à dissiper la zone d’ombre entourant l’intention homicide initiale, rappelant que la juge d’instruction a requalifié les faits en violences volontaires.
Pour Soufyane, Me Camélia Dilmi plaide la relaxe partielle : » Il a empêché la mort du blessé. Sans lui, la situation aurait vraiment dégénéré « , insiste l’avocate alors que l’attitude de son client durant l’audience ne l’aide pas… Après délibération, le tribunal correctionnel a rendu son jugement. Reconnus coupables, Mansour est condamné à quatre ans de prison ferme et maintenu en détention. Soufyane écope quant à lui de dix-huit mois de prison, dont neuf mois assortis d’un sursis probatoire. Le motif de l’agression, lui, restera mystérieux jusqu’au bout.














