Squatté depuis de longs mois par les Roms, l’ancien siège de la Fédération départementale des chasseurs et ses parkings font figure de vrais taudis.
D’excédé, les riverains sont passés à l’état résigné. « Depuis le temps qu’on sait que ce lieu est squatté et que personne ne veut réellement agir pour qu’il en soit autrement », souffle Romain (1), résident du chemin de Limayrac, à deux pas du bidonville de l’avenue Jean-Gonord. C’est ici qu’une communauté Rom vit depuis de longs mois, quasiment en face la Cité de l’Espace et ses multiples parkings. Une gamine, l’une des rares à comprendre et à parler le français, nous accueille gentiment. « Tout va bien pour nous ici », résume-t-elle. Eau, électricité, équipements de survie… les occupants savent faire. Le feu aussi, qui crache ses flammes, non loin des arbres…
Un site qui sera vendu
Des bidonvilles ou squats de ce type, Toulouse en regorge. Sauf qu’il convient de rappeler le caractère particulier des bâtiments ici occupés par les Roms, les anciens locaux de la Fédération départementale des chasseurs de la Haute-Garonne. Et là on ne tient plus leur président Jean-Bernard Portet qui évoque « une situation dramatique qui fait mal au cœur quand on sait que pendant vingt années on a mené tous nos travaux depuis ces locaux-là ». Tagués, squattés, les vitres à moitié brisées, ces locaux de l’ancienne Fédé 31 sont forcément amenés à être détruits à terme. Car, faut-il le rappeler, le site, toujours propriété de la Fédération, fait actuellement l’objet d’un processus de vente. De l’immobilier, ainsi que des aménagements pour les transports métropolitains sur une partie des terrains, seraient ici envisagés. Tout ceci nécessitant bien sûr table rase du site, et donc évacuation des Roms. « Cette évacuation ne sera effective qu’au printemps 2027, peut-être plus tôt », espère Jean-Bernard Portet. Il compte ardemment sur les efforts combinés des pouvoirs publics (Métropole toulousaine et préfecture) pour qu’enfin les occupants quittent les lieux. Un gros nettoyage sera alors nécessaire, car le bidonville de l’avenue Jean-Gonord ressemble en beaucoup d’endroits à une vaste décharge publique où l’on trouve de tout.(1) Prénom d’emprunt














