Après la liquidation judiciaire du site de Tarascon, les salariés de Fibre Excellence à Saint-Gaudens restent suspendus à la décision du tribunal de commerce, attendue mercredi. L’arrivée d’un nouveau candidat à la reprise entretient un mince espoir, malgré une attente jugée « insupportable » par les salariés.
La colère a laissé place à la sidération chez les salariés de Fibre Excellence. Réunis devant l’usine de Saint-Gaudens dans l’attente de la décision du tribunal de commerce, ils ont appris le rejet du projet de reprise porté par Matthieu Pigasse et la liquidation judiciaire du site de Tarascon.
Pour la SEBSO et la filiale commingeoise, un sursis est toutefois accordé, à condition qu’un nouveau projet soit présenté d’ici mercredi. L’octroi de ce délai est suspendu au versement d’une garantie financière de 2 millions d’euros, permettant de repousser l’échéance jusqu’à la fin août afin de présenter une offre de reprise crédible.

« Le tribunal rendra sa décision concernant Saint-Gaudens mercredi. Celle concernant la CEPSO interviendra quelques jours plus tard. Les deux dossiers sont étroitement liés dans le projet de reprise », explique Cédric Caubère, responsable CGT de la Haute-Garonne.
Le tribunal de commerce de Toulouse n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations.
Un nouvel industriel relance l’espoir
Sur place, les salariés dénoncent « l’abandon de l’État » et rappellent que « Tarascon et Saint-Gaudens, c’est la même équipe ». Un nouvel industriel a récemment manifesté son intérêt. Son identité reste confidentielle et les discussions portent désormais sur les conditions financières d’une éventuelle reprise.
« Tout dépendra de l’accord financier qui pourra être trouvé. Rien n’est joué, il faut que l’offre soit structurée rapidement. On ne peut rien faire d’autre que patienter, même si c’est insupportable. Cette attente est un vrai supplice et tout le monde est à bout », confie Sébastien Oustric, représentant syndical.
Selon Cédric Caubère, deux scénarios restent envisageables : soit le tribunal accorde un délai supplémentaire afin de permettre au repreneur de finaliser son offre, soit il prononce la liquidation avec maintien temporaire de l’activité. « Dans les deux cas, la possibilité d’une reprise demeure. La porte n’est pas fermée », résume le syndicaliste.
« Les papetiers participent à l’entretien des forêts »
L’absence d’informations sur ce nouvel industriel nourrit toutefois l’inquiétude des salariés. « C’est arrivé tout récemment. Les personnels n’ont reçu aucune information et cela génère une angoisse supplémentaire, parce que nous sommes dans l’incertitude la plus totale », ajoute Sébastien Oustric.
Pour Pauline Salingue de la CGT, cette crise dépasse largement le seul avenir de l’usine. « On ferme les papetiers qui participent à l’entretien des forêts. Quand on voit les incendies en Gironde, on comprend pourtant l’importance d’une gestion durable. L’État ne prend plus ses responsabilités », estime-t-elle.
Les salariés restent mobilisés tandis que plusieurs élus sont attendus sur le site au cours de la journée.
Les réactions politiques n’ont pas tardé. Carole Delga a appelé à « continuer à se battre sans relâche » pour sauver les emplois et bâtir une offre de reprise « porteuse d’une réelle vision industrielle ».
De son côté, le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, a confirmé qu’un nouvel industriel s’était manifesté. Il assure que les services de l’État, en lien avec les Régions Occitanie et Sud, travailleront à consolider cette offre et accompagneront les salariés, quelle que soit la décision du tribunal dans les prochains jours.
Malgré l’incertitude, Cédric Caubère refuse de céder au fatalisme : « Je veux rester prudent, mais nous avons des raisons d’être optimistes. Tant que le tribunal laisse ouverte la possibilité d’une reprise, il reste de l’espoir pour l’usine, la CEPSO et l’ensemble des salariés. »
















