Laurie Dinier, Toulousaine et gardienne de l’équipe de France de football gaélique, a marqué l’histoire en remportant les championnats du monde le 17 juillet à Waterford, en Irlande. Cette victoire, une première pour la France, a été obtenue face à San Francisco (23-7). Malgré leur statut amateur, les Bleues espèrent que ce succès boostera la visibilité de la discipline.
Laurie Dinier, Toulousaine de 30 ans, vient d’entrer dans l’histoire. Gardienne de l’équipe de France de football gaélique, elle a remporté les championnats du monde le 17 juillet dernier, à Waterford, en Irlande. Une première pour une sélection française dans cette compétition, dominée jusqu’ici par les équipes nord-américaines. En finale, les Bleues ont battu San Francisco 23 à 7.
Pourtant, rien ne semblait prédestiner la Toulousaine à ce sport. En 2020, alors qu’elle poursuit ses études à Rennes, une amie l’invite à découvrir la discipline. « J’avais du mal à choisir entre le foot, le rugby, le handball ou le basket. Le football gaélique est un mélange de tout ça. J’ai tout de suite accroché », relate-t-elle.
Une préparation en Irlande
De retour dans sa ville natale, elle rejoint Tolosa Gaels, le club toulousain, où elle s’entraîne deux fois par semaine. En seulement deux ans de pratique, elle découvre les compétitions internationales. Championne d’Europe en 2022, elle participe aux World Games l’année suivante, mais l’équipe s’incline en demi-finale. Cette année, les joueuses abordaient la compétition avec l’ambition d’aller chercher le titre. « On savait qu’on pouvait aller loin, mais il nous restait un cap à franchir face aux équipes nord-américaines, que nous n’avions jamais battues », précise Laurie.
Pour mettre toutes les chances de leur côté, les Bleues ont innové, avec une semaine de préparation en Irlande, pays d’origine de la discipline, juste avant la compétition. Elles ont affronté des clubs locaux et ont pu observer leurs méthodes d’entraînement, de récupération, de nutrition… « Quand on a gagné, c’était un immense bonheur », sourit la seule Toulousaine de l’équipe.
Mais derrière ce sacre se cache une réalité bien différente. Les internationales françaises pratiquent toutes en amateur, et ont un métier à côté. Laurie commencera à la rentrée un poste de professeure agrégée d’EPS à l’université Toulouse Capitole, tout en poursuivant des activités de recherche.
Les félicitations d’Emmanuel Macron
Les rassemblements de l’équipe sont organisés à Angers ou à Paris, lors des week-ends prolongés ou des vacances, afin de concilier sport et vie professionnelle. Les déplacements sont souvent financés en partie par les joueuses elles-mêmes.
La championne espère ainsi que cette victoire permettra une mise en lumière de la discipline. « Depuis le titre, il y a beaucoup plus de couverture médiatique, se réjouit-elle. C’est ce qu’on espère pour développer notre sport, attirer de nouveaux licenciés et, à terme, obtenir un véritable statut de haut niveau. »
Le message de félicitations d’Emmanuel Macron sur les réseaux sociaux a symbolisé cet engouement naissant. Reste désormais à transformer l’exploit sportif en réel tremplin pour un football gaélique qui cherche encore à trouver sa place en France, notamment dans le Sud.














