La tornade qui a frappé Pomas, dans l’Aude, le lundi 24 août, a laissé des images impressionnantes et une cinquantaine de blessés. Si l’événement est exceptionnel par ses dégâts, le département n’est pourtant pas étranger à ces phénomènes.
Une colonne d’air qui tourbillonne, des toitures arrachées, des arbres couchés et des véhicules déplacés : à Pomas, les images pourraient faire penser aux grandes tornades américaines. Pourtant, la France connaît elle aussi ce phénomène régulièrement.
Entre 30 et 50 tornades sont observées chaque année en France hexagonale, selon l’observatoire Keraunos. La plupart sont toutefois beaucoup moins puissantes que celles qui font l’actualité en Amérique ou dans les Caraïbes. Elles sont généralement faibles, de petite taille et ne durent que quelques minutes.
17 tornades dans l’Aude depuis 1776
Sur le territoire français, l’Aude fait partie des départements exposés. Keraunos y a recensé 17 tornades depuis 1776. La dernière avant Pomas remontait au 15 octobre 2018, à Gruissan. Elle avait été classée au niveau EF0 sur l’échelle de Fujita, ce qui correspond à un phénomène provoquant des dégâts légers, comme des branches d’arbre cassées ou des panneaux endommagés.
Mais l’histoire rappelle que l’Aude a déjà connu des tornades bien plus puissantes. Le 13 août 1887, celle de La Redorte avait atteint le niveau EF4, faisant huit morts et une quinzaine de blessés. Ce niveau indique un événement dévastateur, avec des maisons arrachées.
Pomas, un cas particulièrement violent
Si les tornades ne sont donc pas exceptionnelles dans l’Aude, celle de Pomas l’est par son intensité et ses conséquences. Environ 300 maisons, sur les quelque 500 que compte la commune, ont été endommagées. Une centaine seraient totalement détruites. Environ 50 personnes ont été blessées, dont une vingtaine hospitalisées.
Mais il faudra attendre l’enquête de terrain pour déterminer la puissance du phénomène passé à Pomas. Son intensité est évaluée à partir des dégâts observés sur les bâtiments, les arbres ou les infrastructures.
La station météorologique d’Arquettes-en-Val, située à 18 kilomètres, a enregistré une rafale de 117 kilomètres par heure. Une mesure qui ne permet pas de connaître les vents réellement subis à Pomas. Météo-France estime que le phénomène pourrait finalement être classé EF2 ou EF3.
L’Aude réunit plusieurs ingrédients
S’il y a autant de tornades dans ce département, c’est parce que sa géographie joue un rôle. L’Aude se trouve entre les Pyrénées et le Massif central. Cette configuration favorise notamment des variations du vent avec l’altitude, appelées cisaillements de vent.
Or, le cisaillement est l’un des ingrédients nécessaires à la formation des tornades les plus violentes. Celles-ci apparaissent au sein d’orages particulièrement puissants, notamment les supercellules. Il faut alors une atmosphère instable et des vents qui changent suffisamment avec l’altitude pour permettre au phénomène tourbillonnaire de se développer.
Le département avait d’ailleurs été placé en vigilance orange pour les orages le 24 août. Météo-France avait alors prévenu de possibles rafales de 90 à 110, voire 120 kilomètres par heure, localement accompagnées de « phénomènes tourbillonnaires ». Keraunos avait de son côté classé le risque à 3 sur 4 entre l’Aude et l’Hérault.



















