Le concessionnaire de l’A69 a été mis en demeure après des rejets non conformes à la centrale à enrobés de Puylaurens. ATOSCA a jusqu’au 17 septembre pour corriger la situation, sous peine de nouvelles mesures pouvant aller jusqu’à la suspension de l’activité.
Alors que l’A69 doit entrer en service le mois prochain, le collectif La Voie est Libre (LVEL) dénonce « un nouveau scandale ». Une non-conformité a été relevée sur la centrale à enrobés de Puylaurens, où cinq mesures en sortie de cheminée et quatre inspections ont été réalisées « en moins d’un an ». « Les résultats en sortie de cheminée du mardi 25 août sont non conformes sur 2 des 7 substances ou familles de substances à surveiller », indique la préfecture du Tarn.
Le collectif précise que la centrale à enrobés « dépasse les seuils autorisés de rejets de COV dans l’atmosphère ». Il s’agit, pour information, de composés organiques volatils qui peuvent avoir des effets cancérigènes ou toxiques. « D’après l’arrêté préfectoral, les seuils de rejets de COV atteignaient 2.80 mg/Nm3 pour un seuil à 2mg/Nm3 en novembre 2025. Ces dépassements n’ont cessé d’augmenter avec 3,41 mg/Nm3 en avril 2026 pour atteindre 5,71 mg/Nm3 le 30 juin 2026, en pleine canicule. Cela représente près de 3 fois les normes autorisées », dénonce LVEL qui relève aussi que « les rejets de monoxyde de carbone, gaz hautement toxique, dépassaient les seuils autorisés au 30 juin 2026 ».
Une mise en demeure adressée au concessionnaire de l’A69
« Alors que les habitants et les parents d’élèves des écoles riveraines n’ont cessé d’alerter sur les pollutions et les odeurs agressives rejetées par ces centrales, alors que les taux de ces substances toxiques n’ont jamais cessé d’augmenter, l’Etat est resté dans l’inaction pendant 9 mois, faisant peser des risques gravissimes sur la santé des habitants ! », s’exclame le collectif. De son côté, la préfecture affirme que « les concentrations mesurées autour de la centrale sont restées majoritairement faibles dans l’air ambiant et toutes inférieures aux valeurs repères ». « Aucune dégradation de l’environnement n’a donc pu être mise en évidence ».
Un « constat rassurant » pour la préfecture qui a, toutefois, « adressé une mise en demeure au concessionnaire ATOSCA et lui a donné jusqu’au 17 septembre pour corriger les réglages de l’installation, faire de nouveaux contrôles et justifier du retour à la conformité ». « Si aucune solution n’est trouvée dans le délai prescrit, la mise en demeure sera suivie d’autres actions administratives plus contraignantes, comme la suspension de l’activité ». Le collectif, lui, exige « l’arrêt immédiat » de la centrale de Puylaurens et aussi celle de Villeneuve-lès-Lavaur. « Nous nous réservons le droit de porter cette nouvelle affaire en justice, y compris contre le préfet pour faute grave voire mise en danger de la vie d’autrui ».














