La suite ininterrompue de travaux et de transformation urbaine liée à la future ligne C du métro paralyse-t-elle l’activité du faubourg Bonnefoy ? Perte de clientèle, fermetures en série et sentiment d’insécurité exaspèrent commerçants et riverains, qui réclament désormais un plan de sortie de crise d’urgence. Les Vitrines du Faubourg, association des commerçants et artisans du Faubourg-Bonnefoy (ACAFB), a envoyé un courrier au maire de Toulouse. Consciente du problème, la Ville explique les actions mises en place. Témoignages.
Après plus de cinq années de perturbations dues au chantier du métro de la ligne C, le faubourg Bonnefoy peine à relever la tête et à retrouver son équilibre. « C’est très difficile, estime Jean-Louis Ortiz, président de l’association des commerçants et artisans Les Vitrines du Faubourg. Notre gros problème est la succession infernale des chantiers. Car si le chantier du métro s’est achevé après cinq ans de travaux, d’autres ont immédiatement pris le relais, notamment dans le secteur Lapujade-Michel-Ange, sur la rue de Périole ou à Marengo. Avec un blocage perpétuel des rues et des déviations en continu, comment reconstruire une fréquentation ? Résultat : la clientèle perdue durant le chantier ne revient plus, et celle que l’on pourrait fidéliser va ailleurs face aux difficultés d’accès. C’est normal quand on ne sait plus par où passer. »
Cette situation entraîne des fermetures en chaîne. « Nous comptons pas moins de 16 locaux vides sur le faubourg, poursuit le responsable. Bref, le quartier se meurt et notre chiffre d’affaires avec. » Selon lui, habitants et commerçants ont besoin d’une vision globale et lisible des travaux en cours et à venir, incluant leur durée et les axes pénalisés. « Nous aimerions aussi que la mairie et Toulouse Métropole valorisent le cœur du quartier, place Bories, par l’installation d’une halle ombrière, ajoute-t-il. Cela permettrait de créer un lieu attractif et d’éviter que cette place ne soit qu’un point de passage. »
Des difficultés d’accès et une insécurité croissante
Les témoignages se multiplient pour décrire les difficultés rencontrées dans ce quartier toulousain. À l’image de Julien, caviste rencontré au début de l’été alors que son activité était déjà en berne : « La situation n’a pas évolué. Les clients ne viennent plus, beaucoup de commerces sont fermés et il n’y a plus de diversité commerciale. J’ai perdu 30 % de chiffre d’affaires, ce qui ne m’était jamais arrivé en dix-huit ans d’activité ! » Autre point noir : le stationnement payant. « Une demi-heure de gratuité ne suffit pas pour faire ses courses, estime Jean-Louis Ortiz. On aimerait une heure gratuite le matin et une autre l’après-midi pour faire revenir la clientèle. » S’il reconnaît que le stationnement payant évite les voitures ventouses, il rappelle que ce quartier, privé pour l’instant des retombées directes de la future ligne de métro, cumule les handicaps.
À cela s’ajoute le problème de la sécurité. Récemment touché par des cambriolages et du vandalisme, le quartier est inquiet : « Cela contribue à dégrader notre image », constate une commerçante. Face à ce constat, les acteurs locaux réclament des mesures adaptées. « Nous demandons un plan de sortie de crise, conclut Jean-Louis Ortiz. Car si l’on apprécie l’arrivée future du métro, pour le moment, nous n’en voyons que les inconvénients. »
La réponse de la collectivité
Face à cette détresse, la municipalité se veut rassurante : « Consciente des difficultés rencontrées et de l’exaspération des commerçants du faubourg Bonnefoy liée à la succession de chantiers qui vient s’ajouter à une conjoncture compliquée pour le commerce de proximité, la collectivité met en place différentes actions : échanges réguliers avec l’association, accompagnement, animation commerciale, etc. Ces échanges vont se poursuivre pour concrétiser des pistes d’amélioration pour le faubourg, afin de permettre le maintien et le développement d’une activité commerciale, synonyme d’emploi et de vie de quartier. »











