Dès samedi 26 septembre à 8 heures, 136 communes de Haute-Garonne seront soumises au niveau de restriction « crise » pour l’eau du réseau public, notamment dans l’ouest de l’agglomération toulousaine. Toulouse restera en alerte renforcée. Sur la Garonne amont, les prélèvements directs passent aussi au niveau de crise. Baptiste Mandard, secrétaire général de la préfecture, explique pourquoi les réserves doivent tenir jusqu’au retour des pluies automnales.
« Nous connaissons une situation inédite. » Pour Baptiste Mandard, secrétaire général de la préfecture de Haute-Garonne, le renforcement des restrictions d’eau est devenu indispensable. Les réserves d’eau diminuent dangereusement. La Garonne amont, des Pyrénées aux portes de Toulouse, est passée sous le seuil de crise.
À compter de samedi, les prélèvements directs dans cette partie du fleuve seront soumis au niveau de restriction le plus élevé. La Garonne Centre et le canal de Saint-Martory passent eux aussi en crise.
Canicules à répétition et niveaux de pluie très faibles
« On connaît l’été le plus chaud jamais enregistré, y compris dans sa durée, avec des épisodes de canicule inédits depuis 1947. Et, dans le même temps, le niveau de précipitations le plus faible jamais enregistré », décrit Baptiste Mandard. Selon la préfecture, le déficit de pluie dépasse 50 % depuis début juin. Sans précipitations significatives attendues d’ici la fin du mois, le débit des cours d’eau continue de diminuer.
Des réserves à ménager jusqu’à fin octobre
Des lâchers d’eau depuis les barrages et lacs des Pyrénées permettent de soutenir la Garonne, mais ils ne suffisent plus. « Il reste un peu moins de 40 % » des réserves mobilisables, précise le secrétaire général. Sur la partie amont du fleuve, cette proportion est d’environ 30 %. « Si nous devions n’utiliser que ce levier-là, nous ne serions plus en capacité de couvrir tous les besoins jusqu’à la fin du mois d’octobre. »
L’État cherche à tenir jusqu’au retour attendu des pluies automnales. « La priorité reste toujours la même : préserver et garantir l’alimentation en eau potable. Aujourd’hui, l’alimentation en eau potable ne présente pas de risque, il n’y a pas d’alerte », insiste Baptiste Mandard. Les restrictions visent également à protéger les milieux aquatiques.
Quelles conséquences pour les habitants ?
Pour l’eau du réseau public, 136 communes sont désormais classées en crise, dont Colomiers, Cugnaux, Pibrac, Plaisance-du-Touch, Tournefeuille et Villeneuve-Tolosane. Toulouse est en alerte renforcée. Dans les communes au niveau de crise, l’arrosage des potagers est interdit de 8 heures à 20 heures.

Celui des pelouses et jardins d’agrément est interdit, sauf exception pour les arbres et arbustes de moins de trois ans. Le lavage des véhicules par les particuliers est interdit, sauf impératif sanitaire, tout comme le remplissage des piscines familiales, y compris leur remise à niveau.
Les activités économiques sont également concernées. « Quand on est au niveau crise, sur l’irrigation agricole, on est dans une situation d’interdiction, sauf quelques cultures dérogatoires », indique Baptiste Mandard. Selon lui, certains industriels autorisés à prélever directement dans les milieux aquatiques voient leur volume autorisé réduit de 25 %.
Les règles varient selon la commune et selon que l’eau provient du réseau public ou d’un prélèvement dans le milieu naturel. La préfecture invite chacun à vérifier les mesures applicables à son adresse sur l’atlas départemental ou VigiEau.


















