La mobilisation dans les lycées entre dans le débat politique toulousain. L’opposition présentera vendredi un vœu au conseil municipal pour demander à la Ville de soutenir leurs revendications. La majorité soutient les revendications, mais fustige la récupération politique.
La mobilisation des lycéens va s’inviter au conseil municipal de Toulouse. Le groupe d’opposition Demain Toulouse présentera vendredi 9 octobre un vœu demandant à la Ville de soutenir les revendications portées par les élèves. L’initiative intervient alors que les blocages et les manifestations se poursuivent dans la ville.
Les revendications concernent les classes surchargées, les absences d’enseignants, l’état des bâtiments scolaires ou encore Parcoursup. Demain Toulouse demande également des interventions proportionnées des forces de l’ordre.
La majorité soutient les revendications, mais condamne les violences
La majorité est en phase avec l’opposition sur les grandes lignes. Emilion Esnault, président du groupe Aimer Toulouse et adjoint au maire chargé de la sécurité, soutient les revendications des lycéens et certaines de leurs inquiétudes, tout en condamnant les violences.
« Il y a un certain nombre de revendications et d’inquiétudes qui peuvent être légitimes, qui doivent être entendues, prises en compte et travaillées. Pour autant, si une contestation est légitime pour revendiquer des choses, elle ne doit pas se faire dans la violence », explique-t-il.
L’autre groupe d’opposition, Vivre Mieux, soutient également la mobilisation. Mais ses élus considèrent que la mairie se concentre sur les débordements plutôt que sur les causes des difficultés dénoncées par les élèves.
Le positionnement de La France insoumise critiqué
C’est sur les actions mêmes des élus qu’il devrait y avoir des frictions. Emilion Esnault critique le rôle des députés locaux de La France insoumise, notamment François Piquemal et Anne Stambach-Terrenoir, qu’il accuse d’attiser les tensions entre les lycéens et les forces de l’ordre.
« Les mêmes familles d’élus du conseil municipal qui disent qu’il faudrait en faire plus en matière de police de proximité, de médiation et qu’il faudrait développer une autre forme de police pour améliorer les relations entre les jeunes et la force publique, sont prises la main dans le sac en train d’exacerber ces mêmes tensions », regrette l’adjoint au maire.
L’élu de la majorité évoque par ailleurs une note de la direction du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP) datée du 28 septembre. Dans ce document, qui concerne uniquement la Seine-Saint-Denis, les agents du renseignement estiment que les blocages de lycées « résident de toute évidence dans une instrumentalisation de structures syndicales étudiantes et de mouvements politiques proches de l’extrême gauche ».
Une mobilisation qui dépasse largement les compétences de la mairie
Reste une difficulté : les revendications des lycéens ne relèvent pas des compétences de la municipalité. L’État est responsable de l’Éducation nationale et des personnels enseignants. De son côté, la Région intervient sur les bâtiments des lycées. La mairie ne peut donc pas agir directement sur les problèmes soulevés.
Le débat de vendredi portera ainsi moins sur la capacité de la Ville à régler ces difficultés que sur le soutien politique qu’elle peut apporter aux élèves.















