À Toulouse, le quartier d’Empalot a été secoué par trois fusillades en moins de 24 heures entre dimanche et lundi, suscitant l’inquiétude des habitants. Un collectif a demandé plus de sécurité et de moyens policiers. De son côté, le maire de la Ville rose, Jean-Luc Moudenc, vient de solliciter à nouveau des moyens policiers du ministre de l’Intérieur pour renforcer la lutte contre le narcotrafic.
Trois fusillades en moins de 24 heures. C’est trois de trop pour les habitants du quartier d’Empalot à Toulouse. Loin de s’habituer à ces tirs dont les destinataires sortent rarement indemnes, ces derniers réclament des comptes et aspirent, pour certains, à plus de sécurité. Un collectif de parents et d’habitants demande plus de moyens et de présence policière sur place à la mairie. De son côté, le maire, interpellé, a décidé de solliciter à nouveau le ministre de l’Intérieur pour lui demander des moyens après l’avoir rencontré fin septembre.
« Ces derniers jours ont marqué une accélération particulièrement inquiétante des violences armées dans le quartier d’Empalot notamment. Au-delà de la répétition des faits, c’est aussi leur caractère de plus en plus décomplexé, en plein jour et dans des lieux très fréquentés, qui inquiète. Ces tirs constituent probablement le symbole le plus marquant : des attaques armées sur une place centrale du quartier, alors que les habitants faisaient leurs courses, et des témoins se trouvant derrière les vitrines de commerces au moment des coups de feu. C’est cette proximité immédiate entre les scènes de vie quotidienne et les violences armées qui devient alarmante », assure Jean-Luc Moudenc dans un courrier envoyé en ce milieu de semaine à Laurent Nunez.
« La mobilisation de l’État est, plus que jamais, une nécessité absolue »
L’édile explique que des caméras à 360° sont en cours d’installation sur la place où ont eu lieu des événements. Les patrouilles des policiers municipaux ont aussi été multipliées pour décourager ceux qui pourraient être tentés de se venger. « Néanmoins, nos policiers nationaux et nos magistrats doivent pouvoir disposer des moyens d’agir pour ne pas laisser le narcotrafic gangréner le quotidien de nos concitoyens. Or, la triste actualité le prouve encore aujourd’hui, les moyens alloués à notre ville ne sont pas à la mesure du besoin. Nous ne pouvons rester inactifs face à cette hausse des violences armées liées au narcotrafic. La mobilisation de l’État est, plus que jamais, une nécessité absolue pour lutter contre la criminalité qui – je le répète – gangrène nos quartiers », lance-t-il à l’attention du premier policier de France.
Pique de l’opposition
Une missive qui a fait l’objet de critiques de la part de son opposition. Pour le socialiste François Briançon, « à chaque fois, le même enchaînement. Une fusillade. Un courrier. Un tweet. Puis le silence jusqu’à la suivante. Les effectifs, on va les chercher. Les Toulousains veulent des réponses. Pas des courriers », critique-t-il sur les réseaux sociaux. À n’en pas douter, ce dossier reviendra sur le tapis ce vendredi, lors du conseil municipal de la Ville rose.













