La découverte, par des lycéens de Saint-Sernin qui bloquaient leur établissement, de plusieurs cocktails Molotov dissimulés dans un sac de sport, interroge. Qui les a confectionnés et à quoi étaient-ils destinés ? Si de nombreux incendies ont été allumés par des manifestants en colère ou des petits groupes de casseurs déterminés à semer le chaos, aucun engin incendiaire de ce type n’a encore été utilisé à Toulouse ou en Haute-Garonne à ce stade, selon la police. Faut-il craindre une montée des actes violents ? Eléments de réponse.
« Aucun n’a été utilisé depuis le début [du mouvement]. Le sujet n’inquiète pas forcément, même s’il peut présenter un caractère alarmant. J’espère qu’on n’en arrivera pas là, tout de même… ».
Comme le relève cet officier de police, la découverte devant un établissement scolaire de Toulouse d’un sac contenant des cocktails Molotov interroge : qui avait préparé ces engins incendiaires et dans quel but ?
Cachés dans un sac de sport Adidas
Pour rappel, ce sont des élèves qui ont débusqué ce matériel dans un sac de sport Adidas, dissimulé à une dizaine de mètres à peine de l’entrée de leur établissement, dont ils bloquaient pacifiquement les portes, jeudi 8 octobre.
Les trois bouteilles de bière remplies de liquide inflammable dans l trempaient des mèches en tissu prêtes à être allumées ont été remises au concierge, puis au chef d’établissement qui les a transmises aux services de police.
« Une montée en puissance dans la préparation »
« Ça ne me surprend pas vraiment qu’on en trouve, même si c’est plus parisien que toulousain. Ce qui me surprend presque davantage, c’est qu’on n’en ait pas encore reçu ! », ironise un policier au contact quotidien des manifestants et des éléments violents depuis deux semaines.
« On sent qu’il y a une montée en puissance dans la préparation. Les premiers jours se sont passés sans caillassages des forces de l’ordre. Puis les cailloux ont été regroupés en tas, prêts à l’emploi, puis il y a eu des tirs de mortiers… ».
Cagoules ignifugées
La préparation de cocktails Molotov relève sans doute davantage de profils aguerris que de simples lycéens manifestant pour des classes moins chargées, des profs absents à remplacer et des locaux surchauffés à climatiser. Faut-il dès lors craindre un durcissement du mouvement, voire son noyautage par des éléments plus incontrôlables et radicaux ?

« Comme pour les manifs classiques à Toulouse, on retrouve un noyau d’éléments d’ultra-gauche préparés et organisés. Mais à Stéphane-Heissel, l’autre jour, c’étaient bien des élèves qui faisaient face aux policiers, et, parmi eux, beaucoup de filles », recadre un officier.
Redoute-t-il l’utilisation d’engins incendiaires lors d’affrontements ? « Certains nous reprochent de nous dissimuler le visage, mais ce que nous portons sur le terrain, ce sont des cagoules anti-feu, précisément pour éviter d’être brûlés lors de tirs de mortiers. » Ou l’explosion de cocktails Molotov.














