Pendant trois semaines, à compter de ce lundi 27 juillet, les rames de la ligne A du métro de Toulouse circulent au format réduit, passant de 52 à 26 mètres. Si cette mesure, mise en place chaque été par Tisséo, permet de réaliser d’importantes économies d’énergie, plus de 20 tonnes de CO₂ sont ainsi évitées, elle est loin de faire l’unanimité. Aux heures de pointe, de nombreux usagers dénoncent des rames bondées et des conditions de voyage parfois difficiles. On est monté dans les rames.
Chaque été, les usagers du métro de Toulouse redoutent ce rendez-vous devenu presque incontournable. Celui où les températures grimpent… et où les voyageurs se retrouvent encore plus serrés dans les rames. À partir de ce lundi 27 juillet, et pendant trois semaines, les rames de la ligne A circulent de nouveau au format réduit, passant de 52 à 26 mètres. Une mesure qui agace de nombreux Toulousains, mais qui permet à Tisséo de réaliser d’importantes économies d’énergie et de réduire ses émissions de CO₂.
Des Toulousains mécontents
« On a chaud, ça sent mauvais et on frôle le malaise ». Pour Maria, habituée de la ligne A depuis plusieurs années, le retour des rames courtes est synonyme de galère. Ce lundi matin, elle a rapidement retrouvé les désagréments de ce dispositif estival qui continuent à la sortie du travail. « Vous voyez, il est 17 heures et j’ai déjà dû laisser passer deux métros tellement ils étaient pleins », raconte-t-elle sur le quai.
Même constat pour Agnès. « L’année dernière, j’étais enceinte, alors je vous laisse imaginer. Cette année, j’ai une poussette. Je fais comment ? Il n’y a pas de place et les gens ne vous laissent pas passer ».
Sur le quai de la station Jean-Jaurès, à l’heure de pointe, les commentaires se ressemblent : « On va être serrés… ». Claude, lui, comprend l’objectif de la mesure, mais regrette ses conséquences. « Je comprends que cela permette de faire des économies, mais est-ce que cela doit se faire au détriment du confort des voyageurs ? Et en plus, sans climatisation… Moi, ça me décourage : je prends beaucoup moins le métro l’été alors que je reste à Toulouse ».

20 tonnes de CO₂ évitées
Si la mesure suscite des critiques chez les usagers, Tisséo dresse un bilan très positif. En 2025, le passage aux rames de 26 mètres a permis « d’économiser 75 000 kilomètres de circulation, soit l’équivalent de près de huit mois d’exploitation d’une rame, mais aussi 200 MWh d’énergie et environ 20 tonnes de CO₂. Les équipes de maintenance ont pu optimiser des révisions générales sur les rames remisées durant cette période. Une diminution importante de l’usure des plaquettes des freins a également été notée pendant cette phase grâce à une meilleure réceptivité électrique sur la ligne en exploitation avec le passage à 26 m ».
Et pourquoi appliquer cette mesure en plein été ? Tout simplement parce que la fréquentation du métro chute fortement durant cette période. Selon Tisséo, la ligne A transporte environ 100 000 voyageurs par jour au cœur de l’été, contre 200 000 à 230 000 voyageurs quotidiens le reste de l’année.
Le retour des rames courtes s’inscrit ainsi dans le cadre du plan de sobriété énergétique lancé par la mairie de Toulouse et Toulouse Métropole en octobre 2022. Un dispositif en vigueur jusqu’au dimanche 16 août.












