À l’occasion d’Octobre Rose, des patientes atteintes d’un cancer du sein ont pu visiter pour la première fois la pharmacie de l’Oncopole, à Toulouse. Une centaine de personnes y travaillent pour préparer les traitements administrés aux patients. Un service de l’ombre, mais essentiel.
C’est un lieu méconnu mais pourtant indispensable aux patients atteints de cancer à Toulouse : la pharmacie de l’Oncopole. Pour la première fois, à l’occasion d’Octobre Rose, des patientes atteintes de cancers du sein ont pu la visiter.
Un lieu essentiel pour le traitement des cancers
Une centaine de personnes y travaillent pour préparer les traitements administrés aux patients. Un service de l’ombre, mais totalement essentiel. Pour entrer dans la pharmacie de l’Oncopole, il faut s’équiper pour ne rien contaminer : combinaison stérile, gants, charlotte et surchaussures : « Ça fait un peu police technique ou scientifique », s’amuse le mari d’une patiente.
Les visiteuses et leurs proches pénètrent dans la salle blanche. Une salle de 150 mètres carrés où sont reconstitués les médicaments anticancéreux. Dans une salle annexe, surnommée « salle-trésor » par les salariés, sont stockés des milliers de flacons, de sachets et de seringues. Un stock d’une valeur de plusieurs millions d’euros. C’est le professeur Florent Puisset, chef de la pharmacie de l’Oncopole, qui fait visiter les lieux : « Ici, nous préparons les médicaments qui sont injectés, ce qu’on appelle les chimiothérapies en langage courant, qui vont avoir pour effet de tuer les cellules en s’attaquant à l’ADN. Et puis après, on a ce qu’on appelle l’immunothérapie. Là, ce sont des anticorps qui vont bloquer des bloqueurs du système immunitaire. »
Les patientes profitent de la visite pour poser leurs questions, notamment sur le coût des traitements : « Est-ce que vous savez à combien ça revient ? Combien coûte une séance de chimio ? Nous, on ne sait pas : on arrive, on prend notre traitement, mais on ne se rend pas compte de ce que ça coûte. »
Le professeur Florent Puisset leur explique que les montants varient selon les patients et les médicaments administrés : « En fonction des médicaments que vous allez recevoir, soit ça coûte 400 euros en gros à la Sécurité sociale, soit ça coûte 400 euros plus un médicament, qui peut être à 2 000 euros la perfusion ou jusqu’à 8 000 euros la perfusion. »
Des préparations contrôlées à chaque étape
La pharmacie de l’Oncopole prépare aussi les traitements des patients suivis à Rangueil, à Purpan, à Larrey, à l’hôpital des enfants ou en hospitalisation à domicile. En moyenne, 500 traitements sont préparés chaque jour. Sandrine, préparatrice en pharmacie, travaille les bras plongés dans un isolateur stérile, une sorte de grand aquarium. Elle porte plusieurs paires de gants pour garantir la stérilité des préparations : « On a des gants en néoprène. En dessous, on a des gants en nitrile, et des gants stériles qu’on change toutes les demi-heures. »
Son travail est supervisé par une caméra intelligente, qui vérifie chaque étape de la préparation : « La caméra sert à contrôler que tout est parfait, que le solvant est bon, que le volume est bon, que le produit est bon, que la dose qu’on va diluer dans la poche est bonne. »
En cas d’erreur, une tête de mort rouge clignote sur l’écran : « C’est un contrôle en cours de préparation qui permet d’éviter de donner un mauvais produit à une mauvaise dose », explique le professeur Florent Puisset.
Des patientes qui découvrent l’envers du décor
Cette visite a fait du bien à Brigitte, l’une des patientes présentes : « J’ai besoin de comprendre comment tout fonctionne, que ce soit comment le médicament fonctionne sur mon corps ou comment il est fabriqué.Pour moi, c’est important, ça m’aide à aller mieux. »
Pour le professeur Florent Puisset, permettre aux patients de découvrir les coulisses de la pharmacie est essentiel. Ce service est assez méconnu, alors qu’il joue un rôle central dans la prise en charge des malades, explique Florent Puisset : « On est souvent perçus comme étant un service qui ne produit pas du soin, et c’est ça qui est compliqué à expliquer, à faire comprendre ou à percevoir. Mais pour autant, on est essentiels parce que sans médicament, le soin devient un peu inefficace. C’est pour ça aussi qu’on a besoin de partager, d’expliquer et de montrer au grand jour tout ce qu’on fait. Et tout ce qu’on fait, on le fait pour le soin aux patients. »
L’Oncopole de Toulouse traite plus de 10 000 nouveaux patients chaque année.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555













