Alors que VélôToulouse enchaîne les records de fréquentation, de nombreux usagers dénoncent des stations régulièrement vides et des vélos parfois indisponibles. Certains finissent même par abandonner le service au profit de leur voiture ou d’un vélo personnel. Face à ces critiques, Tisséo avance plusieurs explications et assure adapter ses moyens à cette hausse des usages.
Ouvrir son application VélôToulouse et constater qu’aucun vélo n’est disponible autour de chez soi : une situation que déplorent de nombreux utilisateurs du service. Alors que VélôToulouse enchaîne les records de fréquentation, la disponibilité des vélos semble pourtant poser problème. Entre les usagers déçus qui finissent par abandonner le service et Tisséo qui avance plusieurs explications, le réseau est-il victime de son succès ?
Des records de fréquentation battus
Du côté de VélôToulouse, les chiffres sont au beau fixe ces derniers mois. Lors du conseil métropolitain de la mi-octobre, le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, a notamment rappelé les chiffres enregistrés à la rentrée. « Le 1er septembre, VélôToulouse battait un record avec 55 309 locations en 24 heures. Le 2 septembre, nouveau record battu avec 56 272 locations. Et 24 heures après, le 3, nouveau record avec 58 899 locations. Ce succès est important lorsqu’on veut proposer une alternative à la voiture », soulignait-il.
Même constat du côté de Jean-Michel Lattes, président de Tisséo, lors du comité syndical de la mi-octobre. « Les prévisions ont été explosées. On est parti de 12 000 locations par jour. On espérait 35 000 et on est arrivé à plus de 60 000 par jour en septembre. C’est astronomique », déclarait-il.
Une disponibilité qui pose question
Mais face à cette hausse de la fréquentation, le réseau semble parfois avoir du mal à suivre le rythme. « À 22 h 30, le 29 septembre, dans le centre-ville, il n’y avait aucun vélo. De Jeanne-d’Arc à Marengo, jusqu’aux Carmes et au pont Neuf (cf. la photo). Même constat quelques jours avant, le 22 septembre à 11 h 36, du côté de Saint-Agne », déplore une Toulousaine.


Face à ces indisponibilités, certains usagers finissent par renoncer au service. « Quand je veux un VélôToulouse dans les faubourgs, il n’y en a plus de disponible, alors je reprends ma voiture », regrette un habitant du quartier des Minimes. D’autres ont même décidé de changer leurs habitudes. « Moi, j’ai fini par passer le pas et acheter un vélo parce que l’utilisation quotidienne de VélôToulouse comme mode de transport n’était plus possible, entre les dégradations et l’indisponibilité », témoigne une autre habitante des faubourgs.
Comment expliquer ce manque de vélos ?
Contacté, Tisséo avance plusieurs raisons, à commencer par les réparations nécessaires. « Il y a 1 700 paniers qui ont été remplacés en 2025, donc, par conséquent, 1 700 vélos indisponibles sur un temps donné. Les incivilités sont une des causes de l’indisponibilité », explique le réseau.
Il y a quelques mois, Tisséo avait également mis en avant les nouvelles habitudes liées à l’arrivée des vélos à assistance électrique. « Avec l’arrivée des vélos à assistance électrique, de nouveaux trajets nocturnes sont apparus. Tous les vélos partis du centre-ville la nuit ne reviennent pas forcément le lendemain, certains usagers reprenant les transports en commun le matin ». Une situation qui pourrait expliquer pourquoi certaines stations se retrouvent dépourvues de vélos.
Enfin, Tisséo assure adapter ses moyens à l’évolution des usages. « Cette dynamique d’usage explique la présence plus fréquente de vélos à entretenir en périphérie : il s’agit d’un effet naturel des flux entre hypercentre et quartiers, non d’un manque d’attention. Grâce au suivi connecté et à l’analyse des usages, les moyens sont ajustés en continu pour assurer partout le même niveau de sécurité, de disponibilité et de confort », conclut le réseau.










