Après le piratage des fichiers du fisc, révélé en août dernier, compromettant les données personnelles de centaines de milliers de particuliers et de professionnels, les contribuables ont été invités à la vigilance. Au point aujourd’hui de jeter la suspicion sur des courriers des impôts tout à fait officiels, mais au contenu un peu étrange. Un Toulousain, à qui l’on demandait de payer un acompte de 5 euros au titre de la retenue de l’impôt à la source, a cru à une arnaque. Mais la direction régionale des finances publiques a confirmé être à l’origine de la missive. On vous explique tout dans le détail.
Souvenez-vous, au cœur de cet été caniculaire, on a appris, presque subrepticement, que le système d’information de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) avait subi une cyberattaque en juin et juillet, compromettant les données de centaines de milliers de particuliers et de professionnels. Depuis, c’était un peu le silence radio.
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Mais il semble que les stigmates de ce piratage ne se sont pas complètement effacés dans la tête des contribuables, il est vrai de plus en plus exposés aux tentatives d’hameçonnage et d’escroqueries bancaires en tout genre. Aussi quand il a reçu, le 6 octobre dernier, un courrier à en-tête de l’administration des impôts, Patrick, un retraité toulousain, s’est-il immédiatement méfié en découvrant la teneur de la lettre.
Une série d’anomalies
« C’est facile de se laisser prendre, explique-t-il. J’ai d’abord été intrigué par le message, m’indiquant qu’au titre de la retenue à la source je devais régulariser le règlement d’un acompte de 5 euros par prélèvement sur mon compte bancaire. La modicité de la somme m’a alerté ». Le courrier précise qu’un premier prélèvement a été rejeté le 15 septembre et que sans régularisation de la part de Patrick, une procédure serait mise en route pour obtenir le paiement de la somme majorée pour défaut de paiement.
« J’ai aussi pesté contre La Poste, poursuit le retraité, quand je me suis aperçu que la lettre avait mis trois semaines pour arriver à mon domicile et qu’il ne me restait que 9 jours pour régler l’affaire ». En prime, Patrick constate qu’il n’y a pas de date d’affranchissement sur l’enveloppe d’expédition. Une dernière anomalie qui ne laisse pas de doutes. « J’ai vraiment cru à une nouvelle arnaque, plutôt bien montée », avoue-t-il.
Une vraie requête fiscale
D’autant qu’on lui propose de payer par QR code pour payer en ligne les fameux 5 euros… »Je me suis dit que l’escroquerie était là et qu’en le flashant, je serais renvoyé sur un site pirate ressemblant à celui des impôts où l’on me volerait ensuite toutes mes données bancaires. Et comme le numéro fiscal et le relevé d’identité bancaire figurant sur le document étaient évidemment les bons, j’ai pensé qu’il s’agissait bien de la suite du piratage du site des Finances publiques de l’été dernier ». La boucle est bouclée dans l’esprit de Patrick, convaincu définitivement d’être victime de hackers et bien décidé à alerter l’opinion publique pour que les personnes les plus vulnérables ne tombent pas dans ce piège… qui n’existait pas. Vérification faite auprès de la direction régionale des Finances publiques d’Occitanie, à Toulouse, « le courrier émanait bien de leurs services et il ne s’agit en aucun cas d’une tentative de fraude ». Dont acte. Mais pour éviter ce genre de psychose, peut-être faudra-t-il réfléchir à l’avenir à formuler autrement les requêtes fiscales…












