Depuis le début des travaux de la troisième ligne de métro toulousaine, trois ouvriers sont morts sur le chantier. Vingt-six élus d’opposition réclament un audit sur les conditions de sécurité. De son côté, le président de Tisséo, Jean-Michel Lattes, assure « avoir fait tout ce qu’il fallait faire ».
Trois décès, des retards et des interrogations sur la sécurité. Le chantier de la ligne C du métro toulousain, entre Colomiers et Labège, est sous pression. Ce mercredi 14 octobre, Jean-Michel Lattes, président de Tisséo, confirme que le calendrier du projet est toujours en cours de « recalage ». L’ouverture, prévue fin 2028, pourrait-elle être repoussée ? « Il est encore trop tôt pour le dire », assure-t-il.
En cause, les difficultés rencontrées par trois tunneliers, dont les systèmes d’extraction des terres ont posé problème. Si le rythme s’est amélioré depuis février, les ingénieurs doivent retravailler le calendrier et l’annoncer début décembre 2026.
Pour le président de Tisséo, les difficultés techniques ne sont pas inédites : certains retards ont déjà été rattrapés grâce à une réorganisation des travaux, parfois avec des équipes mobilisées sept jours sur sept, et en conduisant une partie des travaux de nuit.
Trois morts, l’opposition demande des comptes
Mais pour l’opposition, l’enjeu dépasse les délais. Vingt-six élus ont demandé une mission d’information et d’évaluation sur les chantiers relevant de la métropole et de Tisséo afin d’examiner les conditions de travail, les cadences et les dispositifs de prévention des risques sur les chantiers de travaux de voirie et de transports en commun, incluant la ligne C du métro.
« La clé aujourd’hui, c’est de ne pas mettre en danger les salariés en essayant de rattraper le temps », alerte Maxime Le Texier, élu municipal d’opposition. Il dénonce une pression à l’accélération des travaux et craint que les cadences ne compromettent la sécurité des ouvriers.
Le décès survenu le 3 août à Labège renforce ces inquiétudes. Alors qu’un malaise avait initialement été évoqué, l’autopsie a révélé un syndrome d’écrasement. Une enquête pour homicide involontaire a été ouverte. Maxime Le Texier dénonce des informations initiales erronées et réclame davantage de transparence. Les circonstances précises du drame et les éventuelles responsabilités relèvent toutefois de l’enquête judiciaire.
« Nous avons fait tout ce qu’on pouvait faire »
En face, Jean-Michel Lattes conteste l’idée d’un défaut de prévention. Il affirme que Tisséo travaille avec l’Inspection du travail et le parquet. « Nous avons fait tout ce qu’on pouvait faire », affirme-t-il. Il rappelle que l’Inspection du travail peut décider de fermer un chantier, ce qui n’a pas été le cas.« Nous avons mis depuis le début tous les moyens qui étaient importants », assure-t-il, tout en reconnaissant que ces mesures n’ont pas empêché les accidents.
Le président de Tisséo ne se dit pas opposé à un audit. « Pourquoi je craindrais un audit alors qu’on est sur des mesures à prendre que nous avons prises ? », répond-il.
Un audit oui…. mais pas du chantier du métro
La mission d’information et d’évaluation réclamée par les élus est inscrite à l’ordre du jour du prochain conseil métropolitain, jeudi 15 octobre, mais un délibéré exclut les chantiers liés aux transports en commun, « qui sont de la seule compétence de Tisséo » assure la Métropole de Toulouse. « L’audit pourrait ne concerner que les chantiers de la voirie » regrette Maxime Le Texier, élu d’opposition.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555










