À Toulouse, un couvre-feu inédit sera instauré dans l’hypercentre de jeudi à samedi, de 23 h 59 à 5 heures, après les violences du 17 octobre. Cette mesure, déclenchée par la préfecture, vise à prévenir de nouveaux pillages et attaques, notamment autour du Capitole. Les contrevenants risquent une amende de 750 euros. Explications
C’est inédit à Toulouse, un couvre-feu sera instauré dans l’hypercentre après les exactions commises par les casseurs samedi 17 octobre. Des violences et des pillages d’une gravité exceptionnelle se sont déroulés dans la Ville rose. Selon une source bien informée au sein de la préfecture de Haute-Garonne, dans le sillage de la manifestation interprofessionnelle, entre 1 500 et 2 000 individus violents ont commis de nombreuses dégradations lors d’un phénomène quasi insurrectionnel.
Face à cette situation, Fabrice Rigoulet-Roze, préfet de Haute-Garonne, met en place une mesure exceptionnelle. Un couvre-feu ciblé est instauré de 23 h 59 à 5 h du matin. Il s’applique pendant les nuits de jeudi 22 octobre à samedi 24 octobre, et prend fin dimanche 25 octobre à 5 heures du matin. Ce dispositif concerne un périmètre délimité intégrant les rues commerçantes les plus touchées dans le secteur du Capitole. Son périmètre comprend la place du Capitole, se poursuit rue Saint-Rome, englobe Esquirol, la rue Alsace-Lorraine et enfin la rue de Rémusat. Tout ce qui se trouve à l’intérieur de ce périmètre sera interdit d’accès, sauf dérogation.

Mineurs et majeurs
La mesure vise les mineurs et les majeurs. Des dérogations restent prévues pour rejoindre son domicile, son lieu de travail, effectuer des déplacements de soin ou assurer des missions de service public. Les riverains doivent justifier de leur domicile et une amende de 750 euros sanctionnera toute infraction. Ce dispositif jamais appliqué à Toulouse a été construit après les pillages du week-end, en concertation avec les commerçants, la mairie et, évidemment, la police.
Selon des sources préfectorales, l’objectif principal est d’éviter des sur-pillages dans les commerces aux vitrines déjà détruites. Mais les services de l’État entendent aussi prévenir de nouvelles attaques contre les symboles de la République, comme observé ailleurs en France. Lors des événements de samedi, si le Capitole n’a pas été attaqué, des menaces prises très au sérieux ont été partagées sur les réseaux sociaux : « prendre le Capitole », « brûler Moudenc », « tuer Moudenc » sont des phrases qui ont pu être partagées sur des comptes appelant à l’émeute.

Une tactique insurrectionnelle ciblée samedi dernier
Si les membres du black bloc, les anciens gilets jaunes et autres activistes d’ultragauche ne disposaient pas d’une organisation centrale, ils ont employé une tactique bien rodée avec meneurs et suiveurs. À Toulouse, environ 2 000 individus violents se divisaient en dix groupes de 200 personnes, puis en 100 groupes de 20 au gré des déplacements et des confrontations avec la police. Trop difficile à juguler pour les forces de l’ordre. Selon une source sécuritaire, des casseurs utilisaient même pour certains, l’application Waze afin de géolocaliser la force publique, puis TikTok pour médiatiser leurs actes et saturer les réseaux sociaux de cette atmosphère d’émeute. Et si dimanche les casseurs ont continué d’attaquer, c’est probablement parce que Toulouse n’avait pas été suffisamment « marquée » à leur goût, par rapport aux autres métropoles françaises.
Quelques établissements de nuit contraints de fermer
La préfecture promet les moyens nécessaires aux forces de l’ordre pour tenir le périmètre du Capitole dans lequel cinq à six bars de nuit et discothèques feront l’objet d’une fermeture. Les fêtards devront immanquablement contourner cette zone. Cette décision doit également éviter que des commerçants exaspérés ou des civils, confrontés aux émeutiers, ne soient tentés de régler leurs comptes eux-mêmes… Acculé, l’État veut siffler la fin des débordements.















