Agressée et projetée au sol à quelques mètres de chez elle, Marie*, 93 ans, a été victime d’un violent vol à l’arraché dans le quartier Guilheméry à Toulouse il y a quelques semaines. Un phénomène qui s’est mutilplié dans ce quartier de la Ville rose ces derniers temps. Mais pour la nonagénaire c’est un véritable traumatisme. Elle avait été ciblée pour son collier en or. Récit.
« Vous savez, ils auraient pu m’étrangler. Ce sont des jeunes d’une brutalité extrême qui m’ont agressée. » Les mots sont lâchés sans tremblement, mais la voix trahit encore la stupeur. À 93 ans, Marie* est une mémoire vivante du quartier Guilheméry. Née là-bas, la nonagénaire y a passé toute son existence. Mais ce soir de septembre, à quelques dizaines de mètres seulement de son portail, sa petite routine s’est fissurée en quelques secondes.
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Il est environ 18 heures 30 lorsque la retraitée décide d’effectuer quelques pas en allant sortir ses poubelles. Les mains vides, sans téléphone ni portefeuille, elle croise deux adolescents. En une fraction de seconde, le piège se referme. Repérant le collier en or qu’elle porte au cou – un bijou de famille à forte valeur sentimentale offert par son défunt mari – l’un des agresseurs fond sur elle.
« Je ne me suis pas laissée faire »
Projetée violemment contre des véhicules en stationnement avant de chuter lourdement sur le bitume, Marie tente de se défendre et hurle à l’aide. « Je ne me suis pas laissée faire, j’ai encore de la vie à mon âge ! » Le voleur a du mal à lui arracher son collier. « Il a fini par y arriver. J’ai eu une chance inouïe de ne rien avoir de cassé à mon âge », confie-t-elle. Sitôt le méfait commis, les deux adolescents prennent la fuite à toutes jambes.
Des automobilistes, témoins de la scène, finissent par s’arrêter pour lui porter secours et la relever. « Je n’ai pas voulu aller à l’hôpital », affirme Marie. Physiquement, plus de peur que de mal. Mais psychologiquement, cette mamie choyée par ses petits-enfants se souviendra longtemps de ce « traumatisme ».
Cet arrachage sauvage d’un bijou, guidé par la hausse du cours de l’or qui attise la convoitise des revendeurs clandestins, n’est malheureusement pas un acte isolé. Dans le secteur, la rumeur et l’inquiétude enflent : plusieurs faits similaires auraient été recensés ces dernières semaines dans le quartier de Marie, ciblant des personnes âgées vulnérables. « Huit, d’après la dame du commissariat. »
« Les personnes âgées sont des proies faciles »
Ce vol avec violence s’inscrit en outre dans une spirale d’incivilités pour Marie. Victime de la loi des séries, elle déplore un cambriolage dans son garage, puis le vol de la roue de sa voiture. « C’est simple : je suis allée trois fois au commissariat en un mois ! La dame qui s’est occupée de moi, très gentille, m’a reconnue la troisième fois. Elle m’a dit : ‘Encore vous ?!' », sourit la nonagénaire.
Malgré son humour à toute épreuve, et sa propension à toujours relativiser, elle a parfois le « cafard ». « En 90 ans, je n’ai jamais vu le quartier comme ça. Il y a toujours eu des cambriolages par exemple. Mais une violence pareille… On vit dans un monde où les personnes âgées sont des proies faciles », souffle-t-elle.
Malgré son dépôt de plainte, Marie sait bien qu’elle ne reverra certainement jamais le bijou, souvenir laissé par son époux.
















