Après 25 ans à faire danser les noctambules, le Purple s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire. À l’occasion de cet anniversaire, la discothèque toulousaine du centre-ville fait peau neuve avec un décor seventies inspiré des clubs new-yorkais, de nouveaux horaires, une ambiance repensée et une cible assumée : les plus de 30 ans. La réouverture aura lieu le 12 novembre. La Dépêche du Midi vous dévoile en exclusivité les images de cette nouvelle décoration.
Un comptoir élégant en marbre précède un bar aux étagères rétroéclairées. Partout, des lignes arrondies et des teintes chaudes et sombres. Au pied d’un mur en miroirs ciselés, des poufs couleur cognac et des tables cubiques s’alignent, tandis que de longues rangées de leds dessinent le plafond. Seventies et sophistiqué : voilà à quoi ressemblera le Purple lorsqu’il rouvrira ses portes jeudi 12 novembre à Toulouse. Pour l’heure, le club d’Ivo Danaf est en plein chantier, mettant à profit une fermeture exceptionnelle de deux semaines pour se faire une nouvelle beauté. Ce ne sera pas sa première : l’établissement de la rue Castellane fête ses 25 ans. Depuis le 3 octobre 2001, il a fait danser et rempli les verres de milliers de noctambules de tous acabits.
David Guetta en 2001
Il y a des nuits dont Ivo Danaf se souvient plus que d’autres. Comme quand il accueille, en novembre 2001, David et Cathy Guetta. Le DJ n’avait encore jamais mixé à Toulouse. « C’était la première fois qu’il venait ici. Il y avait une énergie hallucinante », se souvient-il. Un joli coup pour un club qui entendait bousculer les habitudes de la nuit toulousaine.

À l’époque, le Purple inaugure un concept inédit dans la Ville rose : celui du lounge club. Inspiré des établissements branchés de Miami, le lieu tranche avec les boîtes traditionnelles. Salons, banquettes et ambiance chic, la recette prend tout de suite. Le décor est baroque, avec du velours pourpre, de gros lustres et des canapés italiens. La musique house, accessible et festive, donne le ton. D’autres DJ de renom se succéderont derrière les platines, à l’image de Claude Challe. Au fil des années, le club accueille de nombreuses personnalités de passage à Toulouse, de Jamel Debbouze à Gad Elmaleh, en passant par Marc Lavoine, Eric et Ramzy, Christophe Lambert…
L’incendie de la pizzeria voisine
Mais les mésaventures font aussi partie de son histoire. En 2011, un incendie dans la pizzeria voisine contraint l’institution à fermer ses portes. L’occasion d’adopter une esthétique plus futuriste, avec des canapés blancs, des écrans LED, des jeux de lumière et un système sonore dernier cri. Une nouvelle page s’ouvre pour ce phénix, qui durera jusqu’à la crise sanitaire.

Le Covid constitue lui aussi un tournant majeur. Fermé de mars 2020 à juillet 2021, le Purple peine à retrouver sa clientèle historique à sa réouverture. Les trentenaires et quadragénaires CSP+, qui constituaient ses rangs fidèles les plus fidèles, hésitent à revenir sous les boules à facettes. En revanche, les jeunes affluent. Le club s’adapte et ouvre grand ses portes aux 18-25 ans. Pendant près de deux ans, il affiche complet presque tous les soirs, y compris le mercredi. Mais les jeunes fêtards se révèlent volatiles, dans un secteur très concurrentiel à Toulouse.
Retour aux trentenaires
Pour ses 25 ans, le Purple choisit donc de revenir à ses premières amours : une clientèle de plus de 30 ans, avec une nouvelle déco, signée par l’architecte Gaël Rovira. Elle s’inspire des clubs new-yorkais et italiens des années 1980, dans l’esprit du mythique Studio 54. Côté musique, place à un répertoire généraliste, des années 1980 aux tubes actuels, « que l’on connaît, que l’on chante et sur lequel on danse ».
Autre changement : l’heure du rendez-vous, pour capter les gens qui sortent du restaurant. Le lieu ouvrira dès 23 heures, du jeudi au samedi, avec une animation live chant et saxophone. L’entrée sera gratuite jusqu’à 1 heure du matin. Si le patron du Purple reconnaît avoir traversé une « année difficile », en raison de l’inflation, il reste convaincu de l’utilité des lieux de fête. » Notre métier n’est pas seulement de faire danser les gens. C’est aussi du lien social. Les clients viennent faire des rencontres, retrouver de la joie, de l’amusement et oublier leurs problèmes. C’est un refuge festif et social. »













