Le tribunal administratif de Paris rejete la requête en annulation de l’expulsion de Mohamed Tataïat, l’ancien imam de la grande mosquée de Toulouse. L’imam avait été renvoyé sur décision du ministre de l’Intérieur en avril 2024. Les avocats de Mohamed Tataïat annoncent un possible recours devant le Conseil d’État, mais après plus de deux ans loin de la France, le retour de l’imam de la mosquée El Nour d’Empalot paraît de plus en plus improbable.
Ses avocats, notamment Me Vincent Brenghart, se montraient optimistes après l’audience du 19 mai 2026, à Paris. Ils pensaient bénéficier des arguments nécessaires pour obtenir l’annulation de l’arrêté d’expulsion qui avait été pris le 5 avril 2024 par le ministre de l’Intérieur. Cette décision avait provoqué l’arrestation puis l’expulsion de Mohamed Tataïat, imam de la grande mosquée d’Empalot, qui vivait à Toulouse depuis plus de trente ans.
Seulement, les espoirs de ses défenseurs viennent d’être balayés par la décision rendue par le tribunal administratif de Paris, ce mardi 9 juin. La justice administrative a en effet rejeté la requête.
Parmi les éléments mis en avant par le juge administratif, on retrouve les propos tenus dans le prêche controversé de décembre 2017. Cette prise de parole, diffusée sur la chaîne « YouTube » de la mosquée et signalée par une association de veille israélienne, a été qualifiée d’antisémite et condamnée par la chambre des appels correctionnels de la cour de Toulouse. Ils constituent « des actes de provocation explicite et délibérée à la discrimination, à la haine ou à la violence envers des groupes de personnes », rappelle le tribunal administratif.
Pas « trouble à l’ordre public » pour la défense
Le juge souligne également que Mohamed Tataïat, expulsé vers l’Algérie alors que ses enfants, « tous majeurs », selon la décision, sont restés en France, « n’est pas dépourvu de toute attache familiale en Algérie ». Le tribunal valide donc l’expulsion.
« Il est incompréhensible que la juridiction n’ait pas pris en considération l’absence de tout trouble à l’ordre public au moment où la mesure a été prise », se désole Me Vincent Brenghart. « Et le fait que les propos litigieux ont fait l’objet de nombreuses explications et ont donné lieu à des décisions contradictoires. »
Les avocats de l’imam disent réfléchir « à l’opportunité d’interjeter appel, d’autant plus que la procédure relative à sa condamnation pénale est toujours en cours d’examen devant la Cour européenne des droits de l’homme ». En conclusion, Me Vincent Brenghart regrette : « Notre client fait les frais d’une politique d’affichage, totalement éloignée de ce qu’il est et de ce qu’il incarne. »












