Les cyanobactéries prolifèrent chaque été dans les eaux de Haute-Garonne. Favorisées par la chaleur et les nutriments, elles entraînent des fermetures de baignade et des risques sanitaires pour l’homme comme pour les animaux. Alexandre Pelangeon, responsable santé-environnement à l’Agence régionale de santé Occitanie, explique quels sont les facteurs favorables à leur multiplication et leurs conséquences sanitaires.
Chaque été, des arrêtés d’interdiction de baignade sont pris en Haute-Garonne à cause des cyanobactéries. Leur présence dans les lacs et rivières ne fait pas bon ménage avec les fortes chaleurs et peut avoir des conséquences pour la santé des hommes mais aussi des animaux. Alexandre Pelangeon, responsable santé-environnement à l’Agence régionale de santé Occitanie, explique quelles sont les raisons de la multiplication des cas de pollution en période estivale.

Pourquoi les cyanobactéries se développent-elles plus en été ?
Elles sont naturellement présentes dans les milieux terrestres et aquatiques. Dans les rivières, ce sont les cyanobactéries benthiques, dans les lacs les cyanobactéries planctoniques. Il y a trois conditions qui favorisent leur développement : la température, la luminosité et les nutriments qu’elles trouvent dans leur environnement, notamment le phosphore et l’azote. La forte amplitude est aussi propice, comme en ce moment lorsqu’on passe de 40 °C en journée à 23 °C la nuit. Mais c’est un sujet très complexe et nous avons encore beaucoup de choses à découvrir sur les conditions de leur développement.
C’est une pollution que vous surveillez de près ?
L’Agence régionale de santé ne contrôle que les sites de baignade officiels et déclarés par les communes. Il y en a dix cette année en Haute-Garonne. On a dû fermer il y a quelques jours Sesquières avant de le rouvrir. Aujourd’hui, il est sous surveillance. Mais il peut aussi y avoir parfois des cyanobactéries, mais le plan d’eau reste ouvert car celles-ci ne sont pas toxiques lorsque nous les analysons.
Quelles sont leurs conséquences pour l’homme et les animaux ?
Pour l’humain, cela peut se traduire par des troubles digestifs, des conséquences sur la peau ou sur le système nerveux. Ce sont des symptômes et ça passe. Ça peut être mortel pour les animaux et la recommandation est de les tenir en laisse.
La récurrence des épisodes de chaleur est-elle à l’origine de la multiplication des cas de pollution aux cyanobactéries ?
Il y a quinze ans, il y en avait très peu. Désormais, nous en avons tous les ans, plusieurs cas par an. On sait que les fortes luminosités jouent un rôle dans cette multiplication. On espère que les recherches vont avancer aussi pour en savoir plus sur les mesures de gestion à mettre en place.














