Implanté dans la totalité des 13 départements d’Occitanie, le moustique tigre est désormais une réalité de chaque été en Haute-Garonne. La saison de surveillance renforcée est active depuis le 1er mai et court jusqu’au 30 novembre 2026, dans un contexte particulièrement alarmant : 2025 avait battu tous les records régionaux de cas autochtones. Voici comment protéger concrètement votre jardin et votre famille.
Un insecte discret, mais bien installé dans nos jardins
L’Aedes albopictus, plus connu sous le nom de moustique tigre, n’a plus grand-chose d’exotique dans la région toulousaine. Reconnaissable à ses rayures noires et blanches sur les pattes et le thorax, il est de petite taille, vole bas, et a la particularité de piquer en pleine journée, puisqu’il est actif dès le matin et jusque dans la soirée, contrairement au moustique commun. Il ne fait aucun bruit lorsqu’il vole, ce qui le rend d’autant plus difficile à repérer dans un jardin.
Ce qui le rend redoutable, c’est sa capacité à transmettre des maladies graves, comme la dengue, le chikungunya ou le Zika, dès lors qu’il a piqué un voyageur porteur de l’un de ces virus. En 2025, la Haute-Garonne avait enregistré un cas autochtone de dengue, rappelant que Toulouse et sa périphérie ne sont plus à l’abri d’une transmission locale. L’hiver doux 2025-2026 a par ailleurs favorisé un réveil précoce de l’insecte, si bien que la menace pèse sur la saison encore plus tôt qu’à l’accoutumée.
La priorité : supprimer l’eau stagnante dans votre jardin
C’est le geste le plus simple et pourtant le plus décisif, car le moustique tigre pond ses œufs dans quelques centilitres d’eau seulement. Une soucoupe de pot de fleurs, un arrosoir oublié, un jouet d’enfant laissé dehors après la pluie : chacun de ces petits contenants peut devenir un site de reproduction en moins de dix jours. Dans la Métropole de Toulouse, comme partout en Occitanie, ce sont les propriétés privées qui abritent la grande majorité des gîtes larvaires, ce qui signifie que sans implication des habitants, les opérations publiques de démoustication ne peuvent à elles seules contenir la prolifération.
Le réflexe à adopter est donc simple : vider et retourner régulièrement les soucoupes, les seaux, les arrosoirs et les bâches, nettoyer les gouttières qui retiennent l’eau, et couvrir les récupérateurs d’eau de pluie avec une moustiquaire à maille fine. Après chaque épisode orageux, un passage systématique dans le jardin permet d’éliminer les nouvelles poches d’eau avant que l’insecte n’ait eu le temps d’y pondre.
Se protéger soi et ses proches : les bons outils
Supprimer les gîtes larvaires ne suffit pas toujours, puisque le moustique peut venir d’une propriété voisine. Pour se protéger individuellement, les répulsifs homologués restent la solution la plus fiable, à condition de choisir des formulations adaptées à chaque membre de la famille. Les actifs recommandés sont le DEET (jusqu’à 30 % pour les adultes), l’icaridine ou encore l’IR3535, en respectant impérativement les doses et les restrictions d’âge indiquées sur les notices, notamment pour les jeunes enfants.
Les vêtements clairs et couvrants constituent également une barrière efficace lors des pics d’activité du moustique, en début de matinée et en fin d’après-midi. À l’intérieur, installer des moustiquaires aux fenêtres empêche l’insecte d’entrer dans les pièces, d’autant que les chaleurs estivales poussent à garder les ouvertures largement ventilées. Les pièges pondoirs, qui attirent les femelles avant la ponte, représentent quant à eux une solution complémentaire, et certaines communes de la Métropole de Toulouse proposent à leurs habitants d’en acquérir à prix négocié dans le cadre des campagnes de lutte collective.
Signaler sa présence : un geste citoyen utile
Chaque signalement effectué sur le portail officiel signalement-moustique.anses.fr contribue directement à affiner la cartographie nationale et à déclencher plus rapidement les enquêtes de terrain là où elles sont nécessaires. Lorsqu’un cas confirmé de dengue, de chikungunya ou de Zika est déclaré en Haute-Garonne, l’ARS Occitanie dispose de 72 heures pour lancer une enquête entomologique et, si la présence du moustique tigre est avérée à proximité, déclencher une opération de démoustication ciblée, entièrement financée sur fonds publics.
Avec l’été qui s’installe durablement et la saison de surveillance active jusqu’au 30 novembre, chaque jardin négligé est une opportunité offerte à l’insecte de se multiplier : il serait dommage de passer les prochains mois à côté de son barbecue à cause d’un arrosoir oublié sous l’escalier.








