La qualification du Maroc en quart de finale de la Coupe du monde a déclenché, ce samedi soir, de longues scènes de liesse dans les rues de Toulouse. Mais la fête a aussi été marquée par un violent accident boulevard du Maréchal-Leclerc et des tensions dans le secteur du Mirail, où les forces de l’ordre ont essuyé des jets de projectiles et de mortiers.
Dans le centre-ville de Toulouse, la nuit a d’abord eu le bruit des klaxons. Des voitures vitres baissées, des drapeaux marocains brandis dans l’air épais, des cris de joie lancés depuis les habitacles, des cortèges ralentis par les embouteillages improvisés. Ce samedi soir, après la victoire du Maroc face au Canada et la qualification des Lions de l’Atlas en quart de finale de la Coupe du monde, plusieurs axes du centre-ville ont été fermés ou filtrés par la police. Boulevard Lascrosses, près de Compans-Caffarelli, les gyrophares bleus découpaient déjà la chaussée.
Alors que les célébrations marocaines se poursuivaient encore dehors, l’hymne français résonnait à l’extérieur : quelques minutes après Maroc-Canada, France-Paraguay s’enchaînait sur les écrans.
À une rue de là, boulevard Maréchal-Leclerc, la fête a été brutalement interrompue par un fracas. Sous les platanes, la nuit est coupée par les gyrophares. Au milieu de la chaussée, une voiture noire, capot relevé, semble s’être arrêtée dans un choc d’une rare violence. L’avant est enfoncé, la carrosserie ouverte, des morceaux de plastique, de métal et de verre sont dispersés sur plusieurs mètres. Face à elle, une autre voiture est immobilisée, repoussée par l’impact. Une troisième n’a pas eu le temps de freiner et l’a emboutie.
« Il conduisait à contresens… »
« J’ai entendu un gros boum », raconte un témoin. Selon lui, « un homme célébrait la victoire du Maroc en conduisant n’importe comment, à contresens ». Il affirme avoir vu « une voiture noire arriver à toute vitesse » avant une collision frontale avec un autre véhicule. « Le chauffard est sorti, il a pris la fuite avant que la police arrive », assure-t-il. Ces éléments restaient à confirmer par l’enquête.
Selon les premières constatations sur place, quatre personnes auraient été légèrement blessées, dont un enfant. « Pas de pronostic vital engagé », indiquait un policier. Les victimes ont été prises en charge puis conduites à l’hôpital.
Ailleurs dans la ville, les célébrations ont également donné lieu à des débordements. Dans le secteur du Mirail, les forces de l’ordre ont été appelées à reprendre la main sur le quartier. Des jets de projectiles et des tirs de mortiers d’artifice ont visé les policiers. Les agents ont répliqué avec des moyens de dispersion, notamment au lanceur Cougar.
La liesse n’a donc pas totalement disparu derrière les tensions. Elle s’est prolongée une partie de la soirée, portée par les drapeaux, les cris et les klaxons.













