« On est chanceux, on est trop bien, ici ! » Amandine Gazo le répète à l’envi. La femme de 47 ans nous accueille pieds nus en tenue de sport sous la glycine de sa terrasse, avec vue sur la chaîne des Pyrénées, devant le bel olivier et la petite piscine en contrebas. L’air s’est radouci, des oiseaux volettent, on se serait bien baignés. Son sourire, son teint hâlé, son entrain : rien, chez notre hôte, ne laisse entrevoir le drame qu’elle traverse et qui l’amène à entamer ce dimanche un tour à vélo avec son fils.
Cette maison, construite de ses mains avec son mari il y a vingt-cinq ans, c’est son havre de paix, sa bouffée de fraîcheur en temps de canicule. Un petit coin de paradis au milieu de la campagne du côté de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) où Amandine coulait jusque-là des jours heureux avec sa famille : son mari Georges, de neuf ans son aîné, son ado Illan, 15 ans. Aujourd’hui, les moments de bonheur se sont raréfiés. « Ma vie a changé », souffle-t-elle. Pour Amandine, il y a résolument « la vie d’avant », dit-elle, et la vie d’après.














