Cédric Jubillar reconnaît « sa culpabilité » dans la disparition de sa femme Delphine, selon Maître Pierre Debuisson l’un de ses avocats à franceinfo. Une conférence de presse était organisée ce lundi à 13h. « C’est moi qui suis à l’origine de la disparition de ma femme », a dit Cédric à son avocat.
Cédric Jubillar a reconnu avoir tué son épouse Delphine, disparue dans le Tarn depuis fin 2020, dans un courrier adressé à son avocat. « Il m’a remis un écrit détaillé en formulant des aveux de culpabilité« , a déclaré a franceinfo son avocat Pierre Debuisson, confirmant une information de La Dépêche du Midi. Jusqu’ici, le peintre-plaquiste avait nié toute implication dans la disparition de l’infirmière de 33 ans dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, dont le corps n’a jamais été retrouvé.
Me Pierre Debuisson donne une conférence de presse ce lundi à partir de 13h, dans son cabinet à Toulouse. « C’est moi qui suis à l’origine de la disparition de ma femme » a confié Cédric Jubillar à son avocat.
« Il avait besoin et envie de parler »
« Avant de parler de monsieur Jubillar, j’ai une pensée émue pour Delphine et sa famille. J’espère que les aveux de mon client vont leur permettre de faire un deuil et de trouver une sépulture pour leur maman« , a introduit Me Pierre Debuisson. « Je suis allé le voir en prison à l’isolement. Médicaments neuroleptiques très puissants et anti psychotiques lui ont été administrés pendant des mois, régime carcéral difficile. J’ai tissé une relation de confiance aussi avec lui. Un homme verrouillé. Il m’a dit ‘je me suis recroquevillé comme une huître sur mon rocher’« .
« Il avait besoin et envie de parler, poursuit l’avocat de Cédric Jubillar. Je me félicite de cela pour la justice, de ce souci de transparence et de vérité« . « Il soulage sa conscience« .
L’avocat précise avoir reçu ces aveux dans une lettre, réceptionnée la semaine dernière (avec une semaine de retard).
Cédric Jubillar « réserve ses aveux précis à la justice »
« C’est moi qui suis à l’origine de la disparition de ma femme, à la suite d’une enième dispute conjugale« , a confié Cédric Jubillar à son avocat, précisant avoir tout de suite pensé à ses enfants, se disant qu’il ne « pouvait pas leur infliger cette vision du corps inanimé ». Cédric Jubillar explique avoir décidé de déplacer « très rapidement » le corps de Delphine, dans un véhicule.
Il n’a pas donné beaucoup de détail sur l’endroit où il a déplacé le corps de son épouse, et « réserve ses aveux précis à la justice« .
L’avocat dit avoir été aidé par une tierce personne (qui ne souhaite pas révéler son nom), et par son père, Me Guy Debuisson, également présent à la conférence de presse : « Cet homme était dans un état de délabrement psychologique important…Le procès qu’il a vécu… On le réveillait à Seysse à 5h du matin, on le ramenait le soir. Il a vécu cinq ans d’isolement » a tenu à rappeler Guy Debuisson. Il a une sensibilité profonde et des remords« . « Les enquêteurs sont quand même passés à côté…« .
« Pauvres enfants, pauvre Delphine »
Pierre Debuisson poursuit : « Psychologiquement, il faut savoir le prendre, il fallait savoir le prendre. Il s’est senti comme le vilain petit canard, tout le monde est passé à côté de sa personnalité. ». « En libérant sa conscience, on va découvrir un autre personnage, ses qualités d’homme, sa sensibilité », selon Guy Debuisson. « C’est un nouvel homme qui se présentera à son second processus« .
« C’est le pire geste de sa vie » qu’il dit « regretter par dessus tout« . Selon l’avocat, Cédric Jubillar a écrit dans sa lettre : « Pauvres enfants, pauvre Delphine« . Le peintre-plaquiste espère récupérer un jour les droits sur ses enfants. Il s’est « enfermé dans une sorte de mensonge. Il pensait qu’il fallait préserver ses enfants de l’image terrible de leur mère inanimée. Et il a été pris dans un engrenage : pression médiatique, des enquêteurs, des magistrats… Pour ce qui s’apparente à un crime passionnel« .
Resté mutique lors de son procès, Cédric Jubillar s’en est justifié auprès de son avocat : « On me donnait des cachets et je n’étais pas dans mon état normal« . « On l’oblige à prendre des cachets en prison, a détaillé l’avocat, il est obligé de les mettre sous la langue et de les jeter dans les toilettes. S’il n’avait pas été placé si longtemps à l’isolement avec des cachets ils aurait peut-être fait des aveux plus tôt ».
« Il est soumis à des conditions carcérales dignes de celui d’un terroriste, on n’a du mal à comprendre cela« .
« Toute l’enquête est à reprendre »
Dans sa lettre, Cédric Jubillar explique être prêt à collaborer « totalement » avec la justice. « Toute l’enquête est à reprendre », selon Me Debuisson. « Il faut qu’il soit entendu, qu’il y ait des fouilles, des analyses sur le corps, de nouvelles expertises psychologiques et psychiatriques« .
Sa défense juge « impossible » la tenue de son procès en appel en septembre.
Cédric Jubillar a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle en octobre 2025 par la cour d’assises du Tarn et doit être jugé en appel à partir du 21 septembre, à Toulouse. Il est détenu depuis juin 2021, à l’isolement par mesure de sécurité, au centre de détention de Seysses, près de Toulouse.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555














