Plusieurs structures culturelles d’Occitanie, dont le Capitole de Toulouse, le Théâtre de la Cité et l’Opéra Orchestre national Montpellier, tirent la sonnette d’alarme. Elles redoutent de nouvelles coupes budgétaires de l’État en 2026.
Elles « se trouvent dans une situation d’incertitude sans précédent ». Dans un communiqué de presse, les dirigeants de 28 structures culturelles publiques, dont des théâtres et opéras, sonnent l’alarme. Parmi eux, Claire Roserot de Melin, directrice générale de l’établissement public du Capitole, Opéra et Orchestre National, et Emilie Capliez et Matthieu Cruciani, codirecteurs du Théâtre de la Cité à Toulouse, mais aussi Nathalie Garraud et Olivier Saccomano, codirecteurs du Théâtre des 13 vents, et Valérie Chevalier, directrice générale de l’Opéra Orchestre National Montpellier.
De nouvelles coupes budgétaires à venir pour le secteur de la culture ?
« À ce jour, les subventions de l’État pour l’année en cours n’ont été versées que partiellement, sans aucune garantie quant au versement du solde. Cette situation est, à elle seule, inacceptable pour des établissements publics auxquels l’État demande simultanément d’assumer pleinement leurs missions », estiment-ils. En plus de ça, ces dirigeants viennent d’apprendre que « de nouvelles coupes budgétaires pourraient intervenir sur l’exercice 2026. Si elles étaient confirmées, elles ne constitueraient pas un simple ajustement budgétaire : elles reviendraient à rompre unilatéralement les engagements de l’État alors même que nos saisons sont engagées, nos contrats signés, nos artistes recrutés et nos dépenses déjà réalisées ».
En effet, comme ils le précisent, leurs « établissements construisent leurs programmations dix-huit à vingt-quatre mois à l’avance ». « Toute nouvelle diminution des crédits aurait des conséquences immédiates et irréversibles. Plusieurs établissements seraient placés en procédure d’alerte. Certains seraient contraints d’annuler une partie de leur saison avant même son ouverture. D’autres ne pourraient tout simplement plus ouvrir leurs portes. Les contrats conclus avec les artistes et les producteurs ne pourraient être honorés. Les remboursements de billetterie se multiplieraient. Le recours au chômage partiel deviendrait inévitable », avancent les dirigeants qui ont déjà « réduit leurs marges, différé leurs investissements, comprimé leurs dépenses et rationalisé leurs organisations ».
Ce que demandent ces structures culturelles d’Occitanie et d’ailleurs
Et ce, face à « l’inflation, la hausse des coûts de l’énergie, l’augmentation des salaires et de l’ensemble des charges de fonctionnement ». « Aujourd’hui, il n’existe plus aucune réserve. Nous sommes arrivés au point de rupture ». Ainsi, pour eux, l’État provoquerait « une désorganisation profonde de l’ensemble de la filière » en actant de nouvelles coupes budgétaires. Mais pas seulement. « Les conséquences dépasseraient largement nos seules institutions. Elles frapperaient les compagnies indépendantes, les ensembles, les artistes, les techniciens, les prestataires, les entreprises culturelles, les associations, les établissements scolaires et universitaires, les collectivités partenaires, ainsi que les centaines de milliers de citoyens qui fréquentent nos lieux ».
Les dirigeants de ces structures culturelles publiques refusent ainsi « que les établissements culturels deviennent la variable d’ajustement des finances publiques ». « Chaque euro investi dans nos établissements produit de l’emploi, de l’activité économique, de l’attractivité territoriale, de la cohésion sociale et de l’émancipation citoyenne. Les économies envisagées seraient dérisoires au regard des dommages humains, artistiques, économiques et symboliques qu’elles provoqueraient ». Ils demandent donc « solennellement la confirmation immédiate du maintien intégral des crédits 2026, le versement sans délai des subventions restant dues et l’ouverture d’une concertation urgente sur les perspectives budgétaires pour 2027 ».














