Vol de voitures de luxe à Toulouse : deux hommes recrutés sur Snapchat ont écopé d’un an sous bracelet électronique. Leur tentative, marquée par une Porsche-bélier et des erreurs grossières, s’est soldée par un fiasco.
Ils ont tous deux débarqué en gare Matabiau. « On nous a recrutés sur Snap ». Âgés de 37 et 40 ans, les deux Anthony se connaissent « depuis un moment ». Même région d’origine (le grand Lyon), même physique émacié, même attitude repentante dans le box du tribunal correctionnel de Toulouse.
« Je devais toucher 3 500 euros »
En compagnie de trois mineurs* qu’ils « ne connaissaient pas », ils se sont retrouvés vers 1 heure du matin, cette nuit du 2 au 3 mai, devant une concession automobile de Seysses (Haute-Garonne), afin d’y dérober des voitures de luxe. Ces « vingt ans d’écart » entre les jeunes et les anciens font tiquer la présidente. Elle croit y déceler une hiérarchie.
« C’était une commande, se récrie le cadet des Anthony. J’ai pris la cagoule du fils de ma compagne, achetée chez Decathlon. On nous a envoyé des explications pour ‘détracker’ les véhicules à voler (ôter le boîtier de géolocalisation, NDLR). Je devais toucher 3 500 euros. Au final, je n’ai pas eu grand-chose, à peine 800 euros ». C’est lui qui a proposé à son pote d’en croquer. « J’avais besoin d’argent », confirme ce dernier.
Un travail d’amateurs ?
Ont-ils été envoyés au casse-pipe par le commanditaire ? « Il ne devait pas y avoir d’alarme ». Elle a bien sonné. « On n’a pas l’habitude de faire des gros coups », minimisent-ils. Ils ont omis de couper leurs portables. L’examen de la téléphonie permet aux enquêteurs de remonter le commando qui a fouillé les lieux avant de démarrer les bolides. « On m’a dit de prévoir un marteau pour casser la boîte à clés », éclaire le trentenaire.
« Sur la vidéoprotection du garage, on voit des voitures tourner en rond et tout casser. Il y en a même une qui recule dans un bureau », décrit la présidente. Une Porsche Macan – entrée de gamme à 83 000 euros – volée ce soir-là est utilisée comme voiture-bélier. « En réalité, on était quatre et on devait sortir quatre voitures ». Mais la plupart sont abîmées dans le casse. Travail d’amateurs ?
« Je me suis caché dans les buissons »
Le cinquième larron est l’autre Anthony. Dans la précipitation, il s’enfuit en courant. « Je me suis caché dans les buissons. Je suis revenu dans la concession pour chercher mon portable que j’avais perdu ». Comme son collègue, son casier ne porte trace que de diverses infractions routières. « Pas le profil imaginé, soupire le magistrat. Ce sont des faits graves, mais que vous avez l’honnêteté de reconnaître et d’expliquer ».
Défendus par Mes Joris Morer, du barreau de Toulouse, et Inès Medioune, du barreau de Paris, les deux Rhônalpins ont frémi aux deux ans ferme avec mandat de dépôt requis par le procureur. Les plaidoiries leur permettent d’éviter la case prison. Ce sera finalement un an aménagé sous bracelet électronique.
* Ils seront jugés ultérieurement par le tribunal pour enfants.












