Fondée il y a seulement deux ans comme division autonome du groupe toulousain Actia, Actia Aerospace enchaîne les signaux forts en 2026 : croissance de +22,3 % de son chiffre d’affaires au premier trimestre, contrat stratégique décroché auprès de l’opérateur saoudien ARABSAT, adhésion au GIFAS et ouverture imminente d’un nouveau site industriel à Toulouse-La Ramée. Derrière cette dynamique, une logique industrielle cohérente et une ambition clairement affichée.
Une division jeune ancrée dans des programmes critiques
Actia Aerospace n’existe sous cette forme que depuis janvier 2024, date à laquelle le groupe Actia a restructuré ses activités aéronautiques, spatiales et de défense autour d’une entité dédiée. Derrière cette jeunesse apparente se cache pourtant une expérience bien plus ancienne : les savoir-faire de la division remontent à plus de 25 ans pour l’avionique et à plus de 40 ans pour les systèmes SatCom, via sa filiale Steel Electronique à Martres-Tolosane.
Avec 300 collaborateurs sur quatre sites en France (Toulouse, Colomiers, Martres-Tolosane, Dinard), la division conçoit et fabrique des équipements pour les environnements les plus exigeants : calculateurs de commandes de vol pour Airbus, équipements embarqués sur satellites et systèmes de télécommunications par satellite. Son chiffre d’affaires 2025 s’établissait à 81,7 millions d’euros, avec un objectif de 100 millions d’euros en 2030.
ARABSAT, OneWeb : les contrats qui changent d’échelle
C’est au premier trimestre 2026 qu’Actia Aerospace a véritablement changé de dimension. La division a enregistré 19,4 millions d’euros de ventes, soit une progression de +22,3 % par rapport à la même période en 2025, portée notamment par les activités spatiales et les stations terriennes en France et en Europe.
Deux contrats illustrent la portée de cette dynamique. Le premier est signé avec ARABSAT : à l’issue d’un long appel d’offres, Actia Aerospace s’est vue confier la conception, la fourniture et le déploiement clé en main de deux infrastructures critiques du segment sol d’ARABSAT-7A, un futur satellite défini par logiciel visant à renforcer les services haut débit sur sa zone de couverture. Le second concerne le programme pluriannuel OneWeb, la constellation d’Eutelsat, pour laquelle Actia Aerospace fournit des équipements d’électronique embarquée. Avec plus de 30 clients actifs, la division conforte ainsi son positionnement de systémier, capable de couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur du sol à l’orbite.
Un nouveau site à La Ramée pour répondre à la montée en cadence
Pour accompagner cette croissance, Actia Aerospace engage un investissement de 8 millions d’euros avec l’ouverture d’un nouveau site à Toulouse-La Ramée, attendu opérationnel à partir d’août 2026. Sur 2 200 m² aménagés dans le Golf Park, ce site regroupera l’ensemble des équipes toulousaines, jusqu’ici dispersées sur plusieurs implantations.
L’enjeu dépasse le simple regroupement. Comme le résume Alexandre Lachaise, directeur des opérations, les petites et moyennes séries d’équipements externalisées généraient des difficultés récurrentes de qualité et de délais, d’où la décision d’internaliser cette production. Le site sera doté de salles blanches conformes aux standards aérospatiaux et d’une architecture numérique assurant la continuité des données de la conception jusqu’à la fabrication. Une trentaine de recrutements de techniciens et ingénieurs expérimentés sont prévus en Occitanie pour accompagner la montée en charge.
Défense et souveraineté, le cap stratégique de 2026
Au-delà des chiffres, Actia Aerospace a également renforcé sa légitimité institutionnelle cette année. En février 2026, la division a rejoint le GIFAS, l’organisation de référence de l’industrie aéronautique et spatiale française, puis le Pacte Drones, et était présente à Eurosatory 2026 pour y afficher ses solutions SatCom sur le marché de la défense. La nomination de Denis Mercier, ancien chef d’état-major de l’armée de l’air et ex-commandant suprême allié pour la Transformation de l’OTAN, au conseil d’administration vient compléter ce positionnement sur les marchés gouvernementaux et militaires.
Avec des contrats pluriannuels sécurisés, un site industriel qui entrera en production cet été et un écosystème toulousain du spatial en pleine effervescence, Actia Aerospace n’a probablement jamais eu autant de raisons d’accélérer. Suivre cette entreprise discrète de la Ville rose, c’est suivre l’un des visages les plus concrets de la souveraineté spatiale européenne en train de se construire.












