REPORTAGE. Depuis la fermeture de l’avenue du Général-Eisenhower, au sud de Toulouse, le 6 juillet dernier, les déviations mises en place pour permettre les travaux de renforcement de l’échangeur du Chapitre bouleversent les habitudes de circulation. Reportés sur des rues plus étroites et peu adaptées à leur gabarit, les poids lourds paralysent régulièrement le carrefour entre la route de Seysses et la rue de Gironis, dans le quartier de Lafourguette. Embouteillages à répétition, manœuvres délicates, difficultés d’accès aux commerces et craintes pour la sécurité : riverains et commerçants dénoncent une situation devenue « ingérable ». Nous sommes allés à leur rencontre pour comprendre comment ces travaux rythment désormais leur quotidien.
Depuis le 6 juillet, des travaux d’entretien et de renforcement sont en cours sur le pont de l’échangeur du Chapitre, qui enjambe l’A64, au sud de Toulouse. Ce chantier entraîne la fermeture, dans les deux sens de circulation, de l’avenue du Général-Eisenhower et la mise en place de déviations. Conséquence : une partie importante du trafic est reportée sur des axes secondaires du secteur. Un itinéraire qui pose problème, notamment pour les poids lourds, peu adaptés à ces voiries étroites. Riverains et commerçants dénoncent des embouteillages quotidiens et redoutent désormais un accident.
Des déviations qui tournent au casse-tête
À l’intersection de la route de Seysses et de la rue de Gironis, dans le quartier de Lafourguette, la circulation est devenue particulièrement compliquée depuis le début des travaux. Déjà saturé aux heures de pointe, ce carrefour est désormais régulièrement paralysé. « Depuis que les travaux de l’avenue Eisenhower ont commencé, les camions sont déviés par ici. Ils empruntent le chemin du Chapitre puis la rue de Gironis pour rejoindre la route de Seysses. Sauf que ce carrefour n’est pas conçu pour accueillir des poids lourds. Lorsqu’ils tournent, ils bloquent complètement la circulation. Il y a des bouchons à toute heure », explique Cécile, buraliste au tabac Alexandre.
Même constat pour Didier Crozes, pharmacien installé à quelques mètres : « Les camions n’ont tout simplement pas la place de manœuvrer. Certains arrachent même les barrières de protection du chantier. Depuis la pharmacie, on a parfois l’impression qu’ils vont finir dans la vitrine. Des automobilistes sont obligés de faire demi-tour en plein milieu du carrefour. C’est devenu ingérable ».

La crainte qu’un accident survienne
Si aucun accident grave n’a, pour l’heure, été recensé selon les commerçants, tous estiment que la situation ne pourra pas durer. « Il ne faudra pas longtemps avant qu’un accident se produise, prévient la buraliste. Les automobilistes ne respectent pas toujours les agents qui régulent la circulation, d’autant que les feux tricolores sont actuellement hors service (le temps de la construction d’un immeuble dans le quartier, NDLR). Certaines voitures restent bloquées de longues minutes ».

Les clients partagent cette inquiétude. « On ne peut plus se garer ni traverser le carrefour sereinement », regrette un habitué de la pharmacie. « Ils auraient dû anticiper ce problème avant de lancer les travaux », ajoute un autre riverain.
Des travaux jugés indispensables
Contacté, Vinci Autoroutes, maître d’ouvrage du chantier, assure avoir anticipé au maximum les conséquences de cette fermeture. « Une attention particulière a été portée à l’organisation des travaux et à la définition des itinéraires de déviation afin de limiter autant que possible la gêne pour les usagers. Les dispositifs mis en place ont été élaborés en concertation avec les différents gestionnaires de voirie et validés collectivement afin de garantir les meilleures conditions possibles de circulation et de sécurité », indique l’entreprise.

Vinci Autoroutes reconnaît toutefois les difficultés rencontrées sur le terrain : « Nous comprenons que ces interventions puissent occasionner des désagréments temporaires. C’est pourquoi ces travaux de renforcement, qui nécessitent la fermeture continue de l’avenue du Général-Eisenhower du 6 juillet au 28 août, ont été programmés pendant la période estivale, lorsque le trafic pendulaire et les déplacements domicile-travail sont généralement moins importants, afin de limiter autant que possible les perturbations ».
Malgré les nombreuses critiques, cette organisation restera en place jusqu’à la fin du mois d’août. À cette date, l’avenue du Général-Eisenhower rouvrira à la circulation. Les travaux sur l’échangeur se poursuivront toutefois, avec des fermetures partielles et ponctuelles du pont jusqu’à leur achèvement en décembre.











