De plus en plus nombreux à randonner dans les Pyrénées, les amateurs et vacanciers n’ont pas toujours les bons réflexes pour s’aventurer dans un milieu « où l’on est invité », rappellent les professionnels. En montagne, de nombreux éléments entrent en jeu et une sortie se prépare à l’avance.
Les montagnards sont là. Pas tous aguerris aux sentiers escarpés des Pyrénées, mais cet été, à nouveau, ils se ruent sur les chemins de grande randonnée (GR), occupent intégralement les refuges, viennent chercher un peu de frais et fuir la canicule qui sévit en plaine. La Haute-Garonne et ses dix-huit sommets à 3 000 mètres d’altitude est une destination prisée par les randonneurs. Les refuges de montagne affichent complet depuis fin juin.
« La fréquentation progresse dans les secteurs difficiles d’accès
« Comme l’an passé, reconnaît d’emblée Loïc Gojard, président de Haute-Garonne Tourisme (comité départemental). C’est très positif. On constate que la fréquentation progresse dans les secteurs également difficiles d’accès. Bien sûr, il y a toujours beaucoup de monde, de familles, au lac d’Oô, que l’on atteint après 1 h 30 de marche depuis le parking des Granges d’Astau. Mais on voit de plus en plus de gens monter au-dessus, au lac d’Espingo, en rajoutant 1 h 30 de marche supplémentaire. »
« L’été a bien commencé »
Sur le site internet du comité départemental du tourisme, « le nombre de visites de la partie randonnée a augmenté de 30 % », ajoute le président. La montagne, refuge contre la canicule, n’en reste pas moins une destination qu’il ne faut pas prendre à la légère. Entre les randonneurs qui se perdent et ceux qui se blessent, les secours de montagne sont sur le qui-vive tout l’été. Depuis le début du mois de juillet, « l’été a bien commencé », confie le major Sébastien Lucena, en charge du peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Luchon. Les spécialistes du secours en montagne sont intervenus une vingtaine de fois depuis le mois de juin, pour l’essentiel (85 %) des interventions impliquant des randonneurs (traumatismes à la cheville), mais également à cause des fortes chaleurs.
« Les gens partent en montagne en baskets… »
« On est intervenus pour des malaises vagaux, des insolations, de l’épuisement, des problèmes liés à la déshydratation », explique le major du PGHM, qui compte douze gendarmes dont huit sous-officiers à Luchon. Mis à part des accidents de cheville, les secouristes sont surtout au chevet de randonneurs non informés des dangers de la montagne et mal équipés. « Les gens partent en montagne chaussés de baskets. Il faut des chaussures montantes pour justement éviter de se casser la cheville, ajoute le secouriste. On voit aussi des insolations, des gens qui n’ont pas assez bu. En ce moment, il faut partir avec beaucoup d’eau, même si c’est un peu lourd, surtout lorsqu’on est avec des enfants. Avec les estives, il vaut mieux éviter de boire l’eau des lacs et des rivières, sauf à la faire bouillir. » Le major Lucena insiste sur le minimum à prévoir dans le sac à dos : chapeau, petite trousse à pharmacie, crème solaire. En évitant de se baigner dans les lacs d’altitude avec, au risque « d’abîmer le biotope », rappelle le gendarme.
L’impact du réchauffement climatique
Avec le réchauffement climatique, certaines zones des Pyrénées sont devenues instables, prévient Patrick Lagleize, ancien responsable du PGHM de Chamonix et actuel président du bureau des guides de Luchon. « Nos glaciers sont réellement condamnés, explique-t-il. Par exemple, au pic de l’Escalette (secteur Mourtis), il vaut mieux y aller l’hiver, car l’été le permafrost fond et les pierres tombent. L’an passé, nous avions déconseillé de faire l’Aneto [plus haut sommet des Pyrénées, 3 404 m, ndlr] après le 15 juillet où le risque de voir tomber des pierres comme des frigos était réel. »
Pour la randonnée, Patrick Lagleize privilégie une « sortie en montagne préparée en fonction des personnes qui composent le groupe. Il faut un équipement minimum : une casquette, une veste polaire, des lunettes, crème solaire et, si vous devez traverser un glacier, surtout pas de cramponnettes vendues dans les magasins. C’est la glissade assurée. Il faut de vrais crampons d’alpinisme. »












