Entre novembre 2024 et mai 2025, le quotidien du prestigieux collège Pierre-de-Fermat, situé en plein centre-ville de Toulouse, a été profondément perturbé. Quatre élèves de douze et treize ans ont été les victimes régulières d’un adolescent alors âgé de quinze ans. Sans jamais faire usage de violences physiques, ce dernier a instauré un climat de terreur psychologique pour extorquer de l’argent et des objets de valeur. Identifié et placé en garde à vue en juillet 2025, le mis en cause, aujourd’hui âgé de dix-sept ans, a reconnu les faits. Il est désormais convoqué devant le tribunal pour enfants afin de répondre de ses actes.
Une silhouette menaçante qui barre le passage dans les couloirs et un regard noir qui impressionne les plus petits. Dans l’enceinte de l’établissement installé rue Lakanal, l’insouciance a laissé place à l’angoisse pour quatre jeunes collégiens à peine sortis de l’enfance. À la manœuvre, un adolescent alors âgé de quinze ans, au profil atypique puisqu’il présente déjà des antécédents judiciaires. Ce dernier avait décidé de faire de la cour de récréation le théâtre de ses agressions. Pour ses cibles, le piège s’est refermé sans la moindre possibilité de s’échapper.
Le mécanisme de la peur en cour de récréation
Le scénario s’est répété inlassablement pendant des mois. Le suspect attendait la fin des cours ou les moments de pause pour isoler ses victimes. Face à ce grand de troisième, les plus jeunes n’osaient pas répliquer. Sans jamais porter de coups, le racketteur imposait une pression mentale. Le préjudice matériel a débuté avec une montre dérobée à l’un, puis des billets extorqués aux autres. Dix euros par-ci, vingt euros par-là, jusqu’à s’en prendre à une dernière cible pour un montant de soixante euros. Une fortune à cet âge.
Le traumatisme moral des jeunes victimes
Malgré l’absence de violences physiques, l’angoisse d’un nouveau vol ou de violences en représailles a paralysé les adolescents durant de longues semaines. Ce sont finalement les parents, découvrant le manège, qui ont poussé les enfants à franchir les portes du commissariat central pour déposer plainte. Preuve du fort impact émotionnel de cette affaire, aucune des jeunes victimes n’a souhaité être examinée par une unité médico-judiciaire, un univers forcément intimidant pour des adolescents peu préparés à la machine judiciaire.
Les aveux du suspect en garde à vue
Le dénouement de cette enquête policière s’est accéléré le 16 juillet 2026. Convoqué par les forces de l’ordre, le mis en cause a immédiatement été placé en garde à vue. Face aux policiers, le jeune homme de dix-sept ans n’a pas joué les caïds. Cette fois-ci, l’auteur présumé a fait son âge avant de reconnaître rapidement les faits tout en tentant de minimiser sa responsabilité face à la gravité de la situation.Le suspect a affirmé qu’il n’y avait ni arme ni violence physique lors des approches. Mais il a admis avoir impressionné les enfants pour qu’ils lui cèdent l’argent et les objets. C’est l’essence même de l’extorsion par intimidation.
Une prochaine audience devant le tribunal pour enfants
La garde à vue a finalement été levée après de longues auditions. La justice a toutefois décidé de ne pas en rester là. Le mineur s’est vu notifier une convocation devant la justice le 3 février 2027.














