Après près de dix ans d’attente, le projet Porte des Pyrénées à Muret pourrait entrer dans une phase décisive. Le Muretain Agglo réclame des garanties au promoteur, tandis que l’arrivée d’un hypermarché Carrefour et d’une douzaine d’enseignes partenaires se précise.

Le projet du futur centre commercial Porte des Pyrénées, au Sud de Muret, semble reprendre de l’élan. Après plusieurs années d’incertitudes, une nouvelle étape vient d’être franchie avec l’intérêt affiché par Carrefour pour l’implantation d’un hypermarché de 4 000 m². Une perspective qui reste toutefois suspendue à plusieurs conditions, le Muretain Agglo ayant décidé de serrer la vis au promoteur avant d’aller plus loin.
Réunis mercredi soir lors d’un conseil communautaire exceptionnel, à huis clos, les élus ont adopté une délibération demandant à la SCI Porte des Pyrénées, porteuse du projet, de produire sous deux mois une garantie bancaire couvrant le coût global de l’opération ainsi qu’une offre d’achat ferme du foncier (12,4 millions d’euros). Ce vote, adopté à une très large majorité, marque la volonté de l’agglomération d’obtenir des engagements concrets avant de poursuivre ce dossier, lancé il y a près de dix ans.
Le lendemain, le président du Muretain Agglo, André Mandement, s’est entretenu avec le promoteur Massaad Matar, PDG de la société foncière Sodec, filiale de la SCI Porte des Pyrénées. À l’issue de cette rencontre, il a fait état d’avancées dans les discussions et d’un calendrier qui pourrait permettre de lever les dernières incertitudes d’ici la fin du mois de septembre ou le début du mois d’octobre.
Carrefour en locomotive d’un futur centre commercial
Au-delà des aspects administratifs et financiers, c’est surtout le contenu du projet qui semble se préciser. Selon André Mandement, Carrefour envisage d’installer un hypermarché de 4 000 m² sur le site. L’enseigne constituerait la locomotive commerciale d’un ensemble qui accueillerait également une douzaine de commerces. Plusieurs d’entre eux auraient déjà formalisé leur engagement auprès du promoteur.
Pour autant, rien n’est encore définitivement acquis. Les négociations entre Carrefour et le promoteur doivent encore être finalisées, tandis que la collectivité attend les garanties bancaires qu’elle juge indispensables avant toute cession du foncier. C’est à cette condition que le calendrier envisagé pourrait être respecté et que le projet entrerait dans une phase plus opérationnelle.
Des réserves sur l’avancement du dossier
Si cette séquence est perçue comme une avancée par l’exécutif communautaire, elle ne convainc pas tous les élus. Seul conseiller communautaire à avoir voté contre la délibération, Christophe Delahaye estime que les interrogations demeurent nombreuses.
Dans un communiqué diffusé après le conseil, il rappelle que, « à ce jour, la vente du foncier n’est toujours pas réalisée. Les garanties financières attendues ne sont toujours pas réunies. » Il souligne également que plus de six millions d’euros ont déjà été investis dans les aménagements de la zone et considère que les habitants sont en droit d’attendre davantage de visibilité sur le calendrier de réalisation et sur les engagements pris par les partenaires privés.
L’élu assure ne pas être opposé au développement de cette zone commerciale, dont il avait soutenu le lancement à l’époque. Il estime en revanche que les collectivités doivent désormais obtenir des garanties solides avant d’engager une nouvelle étape. Les prochaines semaines seront donc déterminantes : elles diront si les conditions posées par le Muretain Agglo permettent enfin au projet Porte des Pyrénées de sortir de l’impasse dans laquelle il est enlisé depuis plusieurs années.


















