Le renvoi du procès en appel de Cédric Jubillar au premier semestre 2027 doit permettre de « retrouver de la sérénité » et de « réaliser des investigations », explique ce mercredi sur ICI Occitanie la première présidente de la cour d’appel de Toulouse, Chantal Ferreira.
La première présidente de la Cour d’appel de Toulouse , Chantal Ferreira, est dans les studios de de Ici Matin ce mercredi 22 juillet pour évoquer le procès de Cédric Jubillar en appel. Un procès qui a été repoussé de quelques mois alors que le Tarnais est passé aux aveux.
Ici Occitanie : Evoquons d’abord ces révélations inattendues de l’accusé qui avait nié jusque-là. Vous avez été surprise dans tel revirement de situation ?
Chantal Ferreira : Ah oui, bien sûr. Nous avons été très surpris, d’autant plus que ces aveux ont été faits par voie de presse. Par l’intermédiaire de ces conseils. Il n’est pas d’usage que les choses se passent de cette manière puisque pendant quelques jours, la justice n’a pas été informée officiellement de ces aveux et nous n’avions pas d’autres éléments d’informations que celle que vous donniez, vous, la presse.
Cela vous a agacé ?
Ça surprend. On ne peut pas dire que cela agace, mais c’est surprenant parce que ce ne sont pas les usages de la profession d’avocat et les relations entre les avocats et les juridictions se passent généralement autrement.
Ces révélations chamboulent le calendrier initial, ce procès en appel qui arrivait dans deux mois. Vous avez donc décidé de le reporter. Pourquoi ? C’était nécessaire ?
Alors le procès aurait pu se tenir le 21 septembre, puisque dès le début, moi, j’ai annoncé que la justice souhaitait aller vite dans cette affaire. Mais la nécessité d’aller vite était justifiée par la nécessité de recueillir les aveux officiels de Cédric Jubillar, puis de rechercher le corps. Ça, ça a été fait très rapidement, puisque c’est le 6 juillet que la conférence de presse a lieu. Et c’est le 15 juillet que Cédric Jubillar est officiellement entendu, et le 16 juillet que le corps est retrouvé.
Une partie seulement du corps ?
Forcément, depuis cinq ans, le corps s’est décomposé et donc une partie du corps a été retrouvée. Donc les investigations immédiates ont été faites et c’était très important pour les enfants et la famille de Delphine Aussaguel. Ensuite, faire le procès comme il était prévu le 21 septembre devenait difficile. Si l’on veut que le procès se déroule dans des conditions sereines. Ce qui s’est passé ce mois de juillet a bouleversé tout le monde. La preuve en est l’écho médiatique et combien tout le monde a été stupéfait par ce revirement de situation.
Et donc il fallait retrouver de la sérénité ?
Il s’agit de retrouver de la sérénité, de permettre de faire des investigations.
De nouvelles investigations sont prévues. Lesquelles par exemple ? Qu’allez vous demander prochainement?
Je précise que je ne préside pas les assises. Je suis l’autorité qui désigne les magistrats qui président les assises. Donc la présidente que j’ai désignée peut faire les actes elle-même. Je rappelle que nous sommes en procédure d’appel, ce qui est très spécifique, puisqu’il y a eu un premier procès où il a donc été condamné pour meurtre.
Il va y avoir sans doute de nouvelles fouilles pour essayer de retrouver davantage d’ossements. Et aussi pour sans doute remettre en situation l’acte, la scène au cours de laquelle Delphine Aussaguel est morte. Il faut certainement refaire des expertises sur le plan psychologique de Cédric Jubillar. Pour voir si ce qu’il déclare maintenant est cohérent avec l’ensemble des éléments du dossier qui avaient pu être recueillis avant ses aveux. Donc il y a des actes à faire. Et puis la justice ne peut pas juger dans le brouhaha, donc c’est pourquoi la décision de renvoi a été prise.
Ce brouhaha médiatique sera là tout de même dans six mois. On sait que c’est une affaire qui intéresse énormément ?
On est bien d’accord. Je sais que c’est une affaire qui passionne les citoyens. Moi, je suis un citoyen comme une autre et je trouve que c’est une affaire qui sort de l’ordinaire. Donc il faut absolument que le procès se déroule dans de bonnes conditions.
Vous avancez la date du premier semestre 2027, d’ici avril 2027. Vous allez trouver ces quatre semaines nécessaires dans le calendrier de la justice. C’est tenable ?
Il ne nous paraît plus nécessaire de faire quatre semaines dans un contexte d’aveux. De quatre semaines, le procès sera réduit plutôt à dix jours. On verra selon le nombre de témoins cités, mais on n’est plus du tout dans le même procès. C’est un procès en appel qui reste un procès pour meurtre sur conjoint. Ça, ce n’est pas changé. Par contre, les aveux et la découverte du corps -ou de ce qu’il en reste- viennent complètement bouleverser les choses. Donc on n’a plus vraiment à investiguer sur Cédric Jubillar. Est-il coupable ou non coupable ?
Et vous annoncerez cette date quand ?
Les rôles de la cour d’assises sont fixés jusqu’à fin mars, début avril, on peut encore modifier. Les affaires n’ont pas été convoquées. Notre idée, ce serait quand même d’essayer de le juger avant le 20 avril 2027, puisque la prolongation de la détention provisoire n’est possible qu’a titre exceptionnel que pour six mois, renouvelable une fois. Et donc le 20 avril, c’est la fin des premiers six mois, donc on aimerait pouvoir le juger avant ce 20 avril 2027.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555













