Le site Fibre Excellence de Tarascon est liquidé après le rejet de l’offre de Matthieu Pigasse, tandis que l’usine de Saint-Gaudens obtient un dernier délai. Un nouvel investisseur anonyme a déposé une lettre d’intention pour reprendre le site commingeois, qui sera examiné par le tribunal mercredi 29 juillet.
Le verdict était attendu avec inquiétude par les salariés de Fibre Excellence ce lundi 27 juillet devant le tribunal de commerce de Toulouse. La juridiction vient de rejeter l’offre de reprise portée par Matthieu Pigasse. Une décision lourde de conséquences pour le site de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, qui est placé en liquidation judiciaire. À Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, le scénario n’est toutefois pas encore écrit : l’usine bénéficie d’un sursis de 48 heures après l’arrivée d’un nouveau candidat à la reprise.
Un industriel, dont l’identité reste pour l’heure confidentielle, a en effet transmis une lettre d’intention au tribunal. Cette proposition ne concerne pas l’ensemble du groupe, mais uniquement le site de Saint-Gaudens. Le candidat doit désormais préciser son projet et apporter des garanties suffisantes avant une dernière audience prévue mercredi 29 juillet. Le contenu exact de cette offre, son financement ou encore le nombre d’emplois qu’elle permettrait de maintenir ne sont pas encore connus.
L’offre de Matthieu Pigasse écartée faute d’accord
Le rejet de l’offre portée par Matthieu Pigasse, via le groupe Combat Holding, ne résulte pas d’un abandon du projet, mais de conditions qui n’ont pas pu être réunies dans le calendrier fixé. Présentée comme une solution pour reprendre les deux usines de Fibre Excellence, à Saint-Gaudens et à Tarascon, cette proposition reposait sur plusieurs engagements indispensables à son équilibre économique, notamment un effort attendu de l’État sur le tarif de rachat de l’électricité produite par l’entreprise, ainsi qu’un accompagnement concernant l’approvisionnement en bois. Deux points jugés essentiels pour assurer la compétitivité et la pérennité industrielle des sites, mais que le gouvernement n’a pas honoré, jugeant l’offre insuffisante. « Ces conditions suspensives n’étant pas levées, l’offre est irrecevable », a indiqué Me Christophe Clerc, avocat du comité social et économique (CSE) de Fibre Excellence.
Cette situation entraîne directement la liquidation du site de Tarascon, qui emploie environ 275 salariés. L’usine provençale, qui faisait partie du projet de reprise globale défendu ces dernières semaines, ne bénéficiera donc pas d’une nouvelle perspective industrielle à ce stade.
Saint-Gaudens joue sa dernière carte avant l’audience de mercredi
Si l’avenir de Tarascon semble désormais scellé, celui de Saint-Gaudens reste encore suspendu à la décision du tribunal. L’apparition de ce nouvel investisseur anonyme permet au site commingeois de conserver une possibilité de poursuite d’activité. En effet, la justice lui a donné deux jours « pour le versement d’une somme de 2 millions d’euros, consignée sous forme de garantie. Ce versement conditionne l’octroi d’un sursis jusqu’à fin août pour présenter une offre de reprise crédible », explique la Région Occitanie.
Pour la présidente de la collectivité Carole Delga, les prochaines jours seront donc déterminantes afin de permettre à cette nouvelle offre d’aboutir. « D’ici mercredi, chaque heure compte. Nous travaillons à cette nouvelle offre de reprise qui porte une réelle vision industrielle pour le site commingeois », a-t-elle précisé.
















