Elle devait relier le quartier de la Piste des Géants au Creps et au complexe scientifique de Rangueil, à Toulouse. Mais le chantier de la future passerelle réservée aux piétons et aux cyclistes n’a toujours pas commencé. Toulouse Métropole invoque des acquisitions foncières encore inachevées et ne fixe plus aucun calendrier à court terme. On vous explique ce qui s’est passé.
Le calendrier de la passerelle de Montaudran s’éloigne encore. Présenté depuis plusieurs années comme un maillon essentiel entre la Piste des Géants et Rangueil, cet ouvrage doit permettre aux piétons et aux cyclistes de franchir les voies rapides pour rejoindre notamment le Creps de Toulouse, l’Enac, les universités et les laboratoires de recherche.
Lors de l’approbation de l’avant-projet, en avril 2024, Toulouse Métropole tablait sur un démarrage des travaux en janvier 2025 et une mise en service en septembre 2026. Le lancement du chantier avait ensuite été envisagé au début de l’année 2026. Mais, à ce jour, aucun travail n’est visible sur place.
Sollicitée sur ce décalage, la collectivité avance une difficulté foncière. « La réalisation de la passerelle nécessite l’acquisition de fonciers, pas finalisée à ce jour. Aucune date de démarrage des travaux ne peut donc être fixée à court terme », répond Toulouse Métropole.
Pas de nouveau calendrier
Cette réponse confirme le retard, sans permettre d’en mesurer précisément l’ampleur. Elle ne précise ni la nature des parcelles restant à acquérir ni le stade des négociations. Surtout, la Métropole ne dit pas si ce contretemps est également lié au resserrement de ses capacités financières.
L’incertitude entourant les finances publiques nationales complique pourtant la préparation des budgets des collectivités. La passerelle pourrait-elle faire partie des investissements décalés dans le temps ? Son enveloppe, évaluée à 10,5 millions d’euros en 2024, devra-t-elle être révisée sous l’effet de l’inflation et de l’allongement du calendrier ? À ce stade, la Métropole n’apporte pas de réponse à ces questions. Une aide de l’État de 900 000 euros avait été annoncée pour participer au financement de l’ouvrage.
Un projet imaginé dès 2011
La passerelle avait fait l’objet d’une première délibération dès 2011. Conçue par le cabinet londonien Knight Architects, avec Setec TPI et Urbicus, elle doit comprendre une traversée principale d’environ 80 mètres, prolongée par de longues rampes accessibles aux vélos et aux piétons.

Son caisson métallique, soutenu par un seul pilier au milieu de la traversée, doit rappeler les lignes d’un avion et l’histoire de l’Aéropostale. Cette liaison doit surtout désenclaver les mobilités actives entre deux secteurs aujourd’hui séparés par les voies rapides : d’un côté, la Halle de La Machine, les logements, la halte ferroviaire et la future station de la ligne C ; de l’autre, le Creps, le canal du Midi et le campus scientifique. Un trait d’union attendu, mais désormais sans date de réalisation.













