Une altercation à L’Union a révélé l’exploitation présumée d’une adolescente en fugue dans un appartement toulousain. Quatre suspects, dont trois mineurs, ont été interpellés en septembre par les gendarmes de la compagnie Toulouse Saint-Michel. La jeune fille décrit trois jours de prostitution et affirme n’avoir reçu que 500 €, versés le quatrième jour. Sept clients ont aussi été identifiés. Les mineurs doivent être jugés en octobre. Le seul majeur, âgé de 22 ans et soupçonné d’avoir organisé les faits, a obtenu le report de son procès et a été placé en détention provisoire dans cette attente.
C’est une plongée vertigineuse dans l’univers sordide de la prostitution. À tout juste 15 ans, une adolescente en fugue aurait été exploitée par un groupe de jeunes hommes. Pendant trois jours, elle assure avoir été contrainte d’enchaîner les passes. Selon son récit, près de cinquante clients se seraient succédé dans un appartement loué sur Airbnb, à Toulouse. Trois mineurs et un majeur doivent être jugés dans cette affaire.
Une altercation révèle l’affaire à L’Union
L’affaire démarre par une scène de violence dans les rues de L’Union, près de Toulouse. Le 19 mai 2025, quatre hommes en viennent aux mains avec un autre. À l’arrivée des gendarmes, celui qui affronte le groupe assure que ces individus prostituent sa nièce.
Cette altercation va permettre de mettre au jour l’exploitation présumée de l’adolescente. À la suite de sa plainte, le parquet ouvre une enquête, confiée à la brigade de recherches de Toulouse Saint-Michel.
Une fugue et une promesse d’argent facile
La jeune fille a fugué dans la nuit du 15 mai 2025, avant de rejoindre trois jeunes hommes, dont Enzo. Lors de son audition, elle assure avoir rencontré ce dernier pour acheter des ballons de protoxyde d’azote. Il lui aurait alors proposé de gagner de l’argent facile.
Le jeune homme aurait loué un appartement sur la plateforme Airbnb, avant de photographier la fugueuse et de publier une annonce sur un site proposant des services sexuels. Les rendez-vous auraient ensuite été fixés dans ce logement toulousain.
Trois jours de passes, 500 € versés le quatrième jour
Selon l’adolescente, les jeunes hommes attendaient dans la salle de bains pendant les passes. Ils récupéraient ensuite l’argent et ne lui en reversaient qu’une petite partie. Elle affirme avoir été obligée d’enchaîner les clients pendant trois jours, de jour comme de nuit, sans possibilité de se reposer. Le quatrième jour, elle aurait reçu 500 € au total.
Au cours de leurs investigations, les enquêteurs ont également identifié sept clients, âgés de 25 à 47 ans. Tous affirment avoir ignoré que l’adolescente était mineure.
Quatre suspects interpellés en septembre
Le 8 septembre, une première vague d’interpellations a lieu, mais Enzo reste introuvable. Il est finalement appréhendé au milieu du mois. Au total, quatre suspects ont été arrêtés par les gendarmes de la compagnie Toulouse Saint-Michel.
Les trois mineurs, défendus par Mes Camélia Dilmi, Alexandre Parra-Bruguière et Kwasigan Agba, ont reconnu avoir joué des rôles intermédiaires, notamment celui d’agent de sécurité. Ils seront jugés au début du mois d’octobre par le tribunal pour enfants.
Enzo, âgé de 22 ans et seul majeur du groupe, est soupçonné d’avoir organisé l’exploitation de l’adolescente. Son procès en comparution immédiate a été reporté à sa demande pour lui permettre de préparer sa défense. Il a été placé en détention provisoire dans l’attente de son audience devant le tribunal correctionnel de Toulouse.

















