Vainqueurs de plusieurs tournois, les U11 du club de foot de l’Association sportive Toulouse Mirail (ASTM) sont à la recherche de financements. Objectif : financer tous les frais liés aux déplacements pour des compétitions internationales.
Mohamed, Prince, Youssef, Nayan, Akhram, Sekoubé : voici les noms des jeunes joueurs de foot (U11) de l’Association sportive Toulouse Mirail, qui remporteront peut-être la Íscar Cup à Madrid et le tournoi de Rabat la saison prochaine.
Ce mercredi de septembre, postés sur les gradins du stade Canto Laouzetto, les enfants attendent les instructions de leur coach, Bamady Diakité, pour commencer leur entraînement. Ils disposent d’un grand terrain où la pelouse peine à repousser après les fortes chaleurs de cet été. Cela ne les empêche pas de courir à toute vitesse vers les cages pour les premiers exercices.
Les U11 du Mirail comptent déjà plusieurs victoires marquantes à leur actif. Ils se sont par exemple érigés au rang de champions régionaux lors de la Madewis Cup (une compétition nationale de football amateur) à Cugnaux, en février dernier. Cela leur a permis de participer à la super finale nationale de Fos-sur-Mer. Enfin, ils ont affronté les meilleures formations françaises de leur catégorie lors de la 16e édition de la Champion’s Cup en mai dernier. « C’est une immense fierté ! » rapporte leur coach.
Une nouvelle étape
Cette saison, un nouvel enjeu se profile : jouer à l’international. Les U11 ont notamment été invités à la Íscar Cup de Madrid, avec d’autres clubs triés sur le volet. Face à cette perspective, les enfants sont unanimes : « C’est une chance de pouvoir nous montrer face aux grands clubs », explique Youssef. En effet, des équipes comme celles du Real Madrid, du FC Barcelone ou encore du Bayern Munich seront présentes.
Cependant, l’entraîneur aimerait éviter que de trop grosses charges incombent aux familles. Il faut donc que le club trouve des entreprises partenaires pour financer ce déplacement (inscription, trajets, nuits sur place, etc). Pour la Íscar Cup, il faut réunir 7 342 euros. Le coût du tournoi de Rabat quant à lui est de 8 250 euros. Au-delà de leur envie de se professionnaliser dans le football, les enfants auraient l’occasion de voyager à l’étranger. « Pour certains d’entre eux, ce serait leur première nuit hors de France », précise le club.
Comme le soulignent les parents des petits footballeurs, toutes les familles du Mirail n’ont pas les moyens de partir en vacances, dans ce quartier où les revenus sont souvent modestes. Au-delà des matchs, des activités culturelles sont prévues au Maroc et en Espagne.
Mobiliser les acteurs du quartier
Bamady Diakité, entraîneur de l’ASTM depuis cinq ans, est déterminé à trouver des sponsors en s’adressant aux entreprises du quartier. Certaines d’entre elles ont déjà financé le club l’an dernier. L’entraîneur a également ouvert une cagnotte destinée aux particuliers.
Les parents aussi font marcher le bouche à oreille. Réunis autour d’une petite table derrière la main courante, Mohamed, Mustafa et Karim prennent le café en regardant leurs enfants s’entraîner. Ils les soutiennent dans leur volonté de jouer à l’international. Ces tournois, « ils les méritent », commentent les trois pères de famille.
Un club, plusieurs générations au Mirail
Hormis le foot, le club permet aussi d’assurer un suivi des enfants, y compris sur le plan scolaire. Bamady Diakité, coach et ancien instituteur, organise deux fois par an des entretiens pour parler des résultats des enfants et les accompagner dans leur scolarité. Lui-même encouragé à poursuivre ses études par son entraîneur, il cherche à reproduire cette dynamique avec les jeunes du club.
Enfin, l’ASTM constitue un espace de convivialité où « on est tous des frères et sœurs », s’exclame Mohamed, 11 ans. Même ressenti pour les parents, dont certains sont passés par le club. Ils voient dans cet espace un moyen de sociabiliser pour tous ceux qui ont grandi dans le quartier.
Oni Apostolo pour MQML

















