Une reconstitution judiciaire de la nuit du meurtre de Delphine Aussaguel est organisée ce vendredi dans le Tarn, en présence du principal suspect, son mari au moment des faits, Cédric Jubillar. 150 gendarmes sécurisent les lieux afin que magistrats et enquêteurs puissent travailler.
Une reconstitution de la nuit du meurtre de Delphine Aussaguel, épouse Jubillar, est organisée ce vendredi dans le Tarn. Extrait de sa cellule de la prison de Seysses, près de Toulouse, où il est détenu depuis juin 2021, Cédric Jubillar, principal suspect qui a avoué le meurtre de son épouse cet été, est arrivé sur les lieux dans un véhicule de l’administration pénitentiaire. Cette reconstitution débute dans la maison où le couple résidait avec ses deux enfants dans le village de Cagnac-les-Mines. Elle se poursuivra dans le champ de Mailhoc, à quelques kilomètres, où des ossements de l’infirmière ont été découverts le 16 juillet 2026.
Magistrats et enquêteurs dans la maison du couple
Alors que les faits se sont déroulés dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, en plein confinement, les protagonistes se sont dirigés vers la maison du couple vers 9h30, première étape de la reconstitution. À l’entrée du lotissement où se trouve la maison, des fourgons de gendarmerie sont stationnés et des barrières métalliques bloquent les accès.
Le lieutenant-colonel Stéphane Meyblum, commandant en second du groupement de gendarmerie départemental du Tarn, a donné quelques précisions sur le dispositif de sécurité mis en place afin de permettre aux magistrats et aux enquêteurs de réaliser cette reconstitution dans de bonnes conditions : « 110 personnels de deux escadrons de gendarmerie mobile et 40 gendarmes du groupement de gendarmerie départementale sont présents sur site, des militaires de la section de recherche de Toulouse sont également mobilisés. »
Une mise en situation de ce qui s’est passé
La juge d’instruction, chargée de nouvelles investigations depuis les aveux de Cédric Jubillar à l’été, va tenter de comprendre où et comment l’accusé a-t-il donné la mort à son épouse. L’objectif de cette mise en situation est de savoir si ces aveux tardifs correspondent aux constatations des enquêteurs, si l’accusé avait prémédité son geste et la dissimulation du corps.
Le 15 juillet 2026, le peintre-plaquiste de 39 ans, en détention provisoire depuis juin 2021, a avoué avoir étranglé sa femme à la suite d’une dispute, dans leur maison, alors que les enfants dormaient. Cette révélation a été suivie d’une autre : l’endroit où il a enterré le corps, en lisière d’un champ à Mailhoc, un village distant d’une dizaine de kilomètres. L’analyse ADN des ossements exhumés le 16 juillet a confirmé qu’il s’agissait bien de restes de Delphine Aussaguel, une infirmière de 33 ans qui travaillait dans une clinique d’Albi.
Plusieurs avocats de la défense et de la partie civile présents sur les lieux
Plusieurs avocats assistent à cette reconstitution, parmi lesquels l’avocat de Cédric Jubillar, Pierre Debuisson. Les avocats représentant les intérêts des enfants du couple, maîtres Malika Chmani et Laurent Boguet, maître Philippe Pressecq, avocat d’une cousine de Delphine Aussaguel, maître Mourad Battikh, avocat de l’oncle, de la tante maternelle et des cousins de la victime.
Pour maître Laurent Boguet, seul avocat à s’exprimer quelques minutes avant de rejoindre ses confrères pour participer à la reconstitution, a déclaré : « Le premier procès avait révélé qu’il avait fomenté cette idée de meurtre de nombreuses semaines auparavant, qu’il en avait partagé le contenu avec de nombreux témoins venus déposer à la barre ». Il a ajouté : « La présentation qui consiste à dire, j’ai perdu le contrôle sur provocation de Delphine, j’ai du mal à y croire ».
Condamné en première instance à 30 ans de réclusion criminelle en octobre 2025, Cédric Jubillar a fait appel de la décision. Un nouveau procès se déroulera à Toulouse du 30 avril au 14 mai, devant la cour d’assises de Haute-Garonne.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555
























